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La couze Chaudefour, « une rivière magnifique et sauvage » à Chambon-sur-Lac (Puy-de-Dôme)

Au pied de la colline gronde la rivière. Le son produit par le tumulte de la Couze Chaudefour, gorgée d’eau après les récents orages, parvient aux oreilles de Brigitte Beernaert, propriétaire de la ferme de Palfichade, l’une des rares habitations dans les environs. « Cette rivière est magnifique et en même temps sauvage. Vous voulez la voir ? », invite-t-elle. Son chapeau vissé sur la tête, une branche de noisetier fraîchement coupée en guise de bâton, nous voilà partis.

La rivière se joue du relief et façonne le paysageLa cascade de la Biche, qui alimente la Couze Chaudefour.

Les neuf hectares de terrain où la nature est parfaitement préservée bordent la rivière qui prend « ses » sources dans le Massif du Sancy, côté Vallée de Chaudefour, avant de se jeter dans le lac et devenir la Couze Chambon.

Y accéder ne prend qu’une dizaine de minutes. Après avoir traversé l’espace réservé aux ânes Framboise, Noisette ou encore Cerfeuil, le petit dernier, ainsi qu’à un unique cheval, il faut enjamber la clôture.La fontaine ferrugineuse Sainte-Anne qui, elle aussi, vient grossir la rivière Couze Chaudefour.

À partir d’ici, la progression est plus lente. Notamment à cause des orties qui n’oublient pas de piquer le moindre centimètre de peau frôlé. Le sentier est à peine visible tant la végétation est dense.

Brigitte Beernaert avance d’un pas prudent. Malgré sa connaissance des lieux, elle est obligée de jouer du bâton pour se frayer un chemin parmi les plantes. Au fur et à mesure de la descente, le bruit se fait plus insistant. La Couze Chaudefour nous prévient qu’ici, nous entrons sur son territoire.

Un chaos de roches et de pierres

Le décor change à nouveau. Des hêtres dominants s’accrochent comme ils le peuvent au relief escarpé de la colline. Puis, d’un coup, le sol disparaît et nous fait obliquer vers la gauche. Dix mètres à l’aplomb d’un talus, la Couze Chaudefour dévale une pente accidentée. Un chaos de roches et de pierres de toutes tailles.

« Ici, aucun pêcheur ne peut venir »

Des arbres vaincus par la neige tombée l’hiver dernier plongent leurs branches meurtries dans la rivière. L’eau, en quantité, percute, saute, contourne d’énormes blocs avec une agilité remarquable. 

La rivière rogne les bergesLa rivière modifie le paysage au fil des ans.

« En 30 ans, ce magnifique torrent a beaucoup changé », observe-t-elle. Un violent orage survenu en 1994 aurait modifié la physionomie de la Couze. Depuis cet épisode climatique, l’eau érode, creuse un peu plus encore les berges provoquant, par endroits, l’affaissement du terrain. Un peu plus loin, on aperçoit les vestiges d’une construction en pierres sèches, témoins d’une activité humaine très ancienne.

« Ce sont les ruines d’un moulin, peut-être de la fin du Moyen Âge »,

Ruines vouées à disparaître. Ici, la couze Chaudefour grignote centimètre après centimètre les fondations des murs séculaires. La nature reprend ses droits et finira par effacer toutes traces de vie humaine. Comme un avertissement.

Après cette halte passée à admirer cet environnement exceptionnel, à contempler la beauté de la rivière, à l’écouter, nous entamons le trajet du retour. Le grondement de la Couze nous accompagne jusqu’à notre arrivée à la ferme de Palfichade. En chemin, Brigitte Beernaert fait observer la présence des sources et tourbières qui parsèment son terrain. Ici, l’eau est partout et va se jeter dans la Couze Chaudefour qui, à son tour, rejoint le lac Chambon. Mais ça, c’est une autre histoire. 

Gentiane, arnica, callune, reine des près, ronce… Brigitte Beernaert cueille les plantes sauvages de la montagne. Séchées, elles sont utilisées pour la conception de pommades notamment. La ferme possède aussi un gîte et propose des balades contées et des ateliers cuisine. Internet : www.palfichade.net

David Allignon

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