World News

Ces librairies oubliées de Limoges

Avec la complicité de Paul Colmar, à la tête d’une photothèque exceptionnelle et grâce aux archives du journal, ouvrons les tiroirs de nos souvenirs. Cette semaine, la rubrique Tour de ville d'antan est consacrée aux librairies oubliées.

Certaines, comme la librairie catholique, rue de La Courtine à Limoges, sont toujours là. Certes, ce coup de projecteur sur le passé n’est pas complet. La librairie du Monde entier, qui avait une couleur communiste, Petit place Denis-Dussoubs, la librairie Landaud au 3 rue Jules-Guesde, où les écoliers arrivaient avec leur liste le jour de la rentrée des classes ne figurent pas dans ce panorama.

La librairie catholique

6 rue de la Courtine. Peu de librairies catholiques subsistent en France. Elles se comptent sur les doigts de la main. Celle située rue de La Courtine à Limoges est la plus ancienne. Si les croyants s’y rendent régulièrement pour s’alimenter spirituellement, les clients poussent parfois la porte, pour s’approvisionner en produits alimentaires issus des différentes abbayes. Ce nouveau cap a été fixé par Bertrand Heinrich-Mauratille, le petit-fils de la fondatrice. Car cette boutique appartient depuis 1928 à cette famille.

Lorsqu’elle a été inaugurée, la librairie était déjà axée sur la religion. Outre les parutions littéraires, on y trouve aussi des objets religieux et des santons au moment de Noël.

Le bureau préféré

79 rue Aristide-Briand. Cette librairie située au milieu de la rue était très prisée dans le quartier. On y trouvait, comme son nom l’indique, des articles et des fournitures de bureau. Les écoliers y achetaient leurs stylos, cahiers, porte-plume… Mais c’est le rayon consacré aux idées-cadeaux qui intéressaient le plus les enfants. Surtout les garçons. La partie consacrée aux petites voitures faisaient briller les yeux des gamins. Un garage miniature où les jouets étaient estampillés Norev, Majorette ou Dinky-Toys Les petites filles n'étaient pas non plus oubliées. Elles y trouvaient poupées, dînettes et des livres des bibliothèques rose ou verte.

La librairie Palisson

5, place Fournier. Cette librairie familiale a vu le jour en 1866, et porte le nom des éditions Larousse. Elle deviendra la librairie Desvilles et sera reprise plus tard, par la famille Baradat. Elle était spécialisée dans le commerce de détail de livres, journaux et papeterie.

Fermée le 8 septembre 1993, puis reprise, elle porte aujourd'hui le nom de Maison de la Presse. Côté librairie, les rayons proposent des livres d’art, de voyage, de cuisine, de jeunesse, de BD, de romans, poches ou grands formats, sans oublier les éditions limousines.

La librairie Laucournet

45 boulevard Carnot. Le 31 décembre 2012, Jean-Claude Laucournet a rédigé les dernières pages d’une histoire commencée en 1884. La librairie Laucournet est plus qu’une institution. Les Limougeauds ont tous un jour poussé les portes de ce magasin qui, depuis sa fondation en 1884, est resté dans son jus. C’est M. Duverger, éditeur et libraire, qui, à la fin du XIXe siècle, inaugure cette boutique. Le rayon papeterie est aussi important que celui consacré à la littérature générale.

En 1953, Marcel Laucournet reprend cette affaire. Il en conserve l’esprit mais ajoute un rayon consacré aux ouvrages anciens. Lorsque son fils Jean-Claude prend la suite en 1992, il la dédie entièrement au livre de collection. Sur les étagères, entre 18.000 et 20.000 volumes, toutes époques confondues, se côtoient. Chez les Laucournet, le livre est roi. Lorsqu’on ne le lit pas, on le vend ou on le relie rue Fourie dans l’atelier de Jacques, le neveu de Marcel.

La librairie charpentier

27 rue du Consulat. Située à la place de l’actuel Comptoir des cotonniers, la librairie Charpentier a élargi le champ de ses compétences. Outre la papeterie, l’établissement phare du centre-ville propose une multitude de travaux d’imprimerie, comme la réalisation d’affiches, de cartes diverses. Albums, broderie, matériel pour la couture comme les patrons, les articles pour le tricot, se retrouvent sur les rayons.

En ces périodes d’après-guerre, on ne jette pas… On répare. Tout ! Même les stylos. La librairie Charpentier est aussi le temple de la carte postale.

En ce lieu, notre confrère Paul Coilmar a certainement trouvé les premières pièces de sa collection.

Textes Jean-François Julien. Illustrations Paul Colmar

Читайте на сайте