Emirats arabes unis, Chine… Ces pays où l’on enseigne l’Intelligence artificielle à l’école
Son introduction à l’école était inévitable. Dans les salles de classe des écoles publiques des Emirats arabes unis, des cours consacrés à l’Intelligence artificielle (IA) vont être introduits dans tous les niveaux et dès la maternelle à la prochaine rentrée scolaire, ont indiqué les autorités du riche Etat du Golfe lundi 5 mai.
Le gouvernement émirati a approuvé "l’introduction de l’IA en tant que matière dans tous les niveaux de l’enseignement public, de la maternelle au niveau 12", l’équivalent de la classe de Terminale, a annoncé dimanche le Premier ministre et dirigeant de l’émirat de Dubaï, Cheikh Mohammed ben Rachid Al-Maktoum. Ces cours viseront à doter les élèves "des connaissances et des compétences nécessaires pour comprendre les principes de l’IA et ses applications dans la vie quotidienne", et à les préparer à "créer et développer des solutions intelligentes" à l’avenir, a expliqué la ministre émiratie de l’Education, Sarah Al-Amiri, sur X.
Les Emirats misent sur l’IA dans le cadre de leurs efforts de diversification économique et le pays a été le premier au monde à se doter d’un ministère de l’Intelligence Artificielle en 2017. Il abrite déjà une "Université de l’intelligence artificielle" baptisée Mohammed bin Zayed, partenaire notamment du géant américain du logiciel Microsoft et de l’Ecole Polytechnique, l’une des plus prestigieuses formations françaises d’ingénieurs.
En Chine, assistants de recherche et "compagnon IA"
Mais les Emirats ne sont pas les premiers à ouvrir la porte à l’intelligence artificielle dans les programmes scolaires. La Chine elle aussi prévoit l’introduction dans toutes les écoles primaires de Pékin de cours sur l’intelligence artificielle (IA) l’année prochaine, a rapporté en mars l’agence officielle Chine Nouvelle. Les écoles de la capitale programmeront au moins huit heures de cours sur l’IA par année scolaire. "Des méthodes d’enseignement innovantes seront introduites, utilisant des compagnons IA, des assistants de recherche IA et d’autres agents intelligents pour faciliter l’apprentissage par dialogue humain-machine", selon un communiqué de la Commission municipale de l’éducation de Pékin.
Pékin prévoit aussi de détecter et de développer ses jeunes talents en Intelligence artificielle. Pour cela, une série de "cours d’éducation avancée en IA axés sur le développement précoce de talents innovants exceptionnels" va également être créée pour mettre en partenariat les écoles secondaires et les universités chinoises.
Quand l’IA remplace le professeur
Aux Etats-Unis, les "charter schools" de la Unbound Academy (une chaîne d’écoles indépendantes) expérimenteront en poussant encore plus loin le rôle de l’IA dans leurs écoles à la rentrée 2025 : du CM1 à la quatrième, environ 250 élèves verront leur professeur remplacé par une intelligence artificielle. En ligne, ils assisteront chaque matin à deux heures de cours dédiés aux matières traditionnelles - lecture, grammaire, mathématiques, sciences. Tandis que l’après-midi sera consacrée à l’expression en public, le code en informatique, le travail en équipe, ou encore l’initiation à la gestion de l’argent et la découverte des bases de l’entrepreneuriat.
Selon l’Unbound Academy, l’intelligence artificielle - qui n’est pas celle de ChatGPT - va s’adapter à l’apprentissage de chaque élève, en fonction de son rythme et de son niveau de compréhension, et permettra aux enfants d’apprendre deux fois plus vite. D’autres structures de la même chaîne éducative, en Floride ou au Texas devraient suivre le mouvement.
Sans aller jusqu’à remplacer les professeurs, la présence de l’Intelligence artificielle sera très prochainement institutionnalisée dans le système éducatif américain. Le 23 avril dernier, un décret présidentiel signé par Donald Trump a introduit une généralisation de la formation des jeunes américains, de la maternelle au lycée, ainsi que de leurs professeurs aux possibilités de l’Intelligence artificielle. Sans donner pour l’heure davantage de détails sur la forme que prendra ce qui pourrait être une révolution du système éducatif, le décret demande également aux ministres de s’appuyer sur les programmes existants pour aider les enseignants à "intégrer efficacement les outils basés sur l’IA" dans leurs classes.