Bleus : Le jour où Roger Lemerre a pris une gifle d’un joueur
L’image frappe les esprits : un joueur de l’équipe de France osant gifler son sélectionneur. Le décor ? Un vestiaire bouillant, une tension à son comble, un Roger Lemerre à cran… C’est du moins ce que l’on pourrait croire à la lecture des premières lignes de ce récit insolite. L’ancien coach des Bleus, connu pour son flegme singulier et ses phrases jamais vraiment terminées, aurait été violemment frappé par un joueur tricolore. Une scène impensable à l’époque des Zidane, Deschamps et Barthez.
Mais la vérité est tout autre. Cette anecdote ne remonte pas à l’équipe A, mais à l’époque où Roger Lemerre dirigeait la sélection militaire (1986/1996). Et le fameux “bourreau” n’était autre que… William Prunier, solide défenseur bien connu dans le football français. “Mets-moi une grosse claque pour qu’on gagne !”, lui aurait lancé Lemerre. Prunier s’exécute, et Fabrice Henry, également membre de cette sélection à l’époque, assiste à la scène avec amusement. Une gifle sur commande, dans un esprit bon enfant, loin de tout clash hiérarchique.
Cette anecdote, racontée dans L’Équipe, en dit long sur la personnalité de Roger Lemerre. Un sélectionneur lunaire, parfois déroutant, mais profondément attachant. Nombre de ses anciens joueurs évoquent son style unique, ses phrases en suspens, et son rapport humain si particulier. Sous ses allures d’homme de l’ombre, Lemerre savait aussi créer des moments mémorables.
Ce jour où Roger Lemerre a demandé à se faire gifler… et l’a vraiment été
Fabrice Henry enchaîne d’ailleurs avec un autre souvenir savoureux : un match avec l’OM, une envie pressante, une fumée suspecte… et Fabien Barthez, tranquillement installé sur les toilettes, clope au bec, à quelques minutes du coup d’envoi. L’image résume à elle seule le flegme légendaire du portier des Bleus, autant que l’ambiance délurée qui régnait dans certaines générations.
Ces scènes, qui feraient bondir les préparateurs actuels, rappellent une époque où la décontraction et les caractères bien trempés façonnaient les groupes. Lemerre et ses méthodes ont peut-être fait sourire, mais elles ont aussi mené la France au sommet en 2000. Et laissé, au passage, des souvenirs impérissables à ceux qui l’ont côtoyé.