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Présidentielle en Roumanie : quand Pavel Durov tente d'éclabousser la France

Est-ce un signe de la gravité de l’affaire ? La DGSE sort de son silence habituel. Ce lundi 19 mai, la Direction générale de la sécurité extérieure "réfute avec vigueur les allégations" du fondateur de la messagerie en ligne Telegram. Pavel Durov prétend que Paris a tenté d’influencer l’élection présidentielle roumaine. Le second tour s’est déroulé ce dimanche, remporté par le centriste pro-européen Nicusor Dan face au candidat nationaliste George Simion.

Dans un premier post sur le réseau social X ce dimanche en fin d’après-midi, l’entrepreneur russe de 40 ans accuse la France, désignée par un emoji baguette de pain, de vouloir "faire taire les voix conservatrices en Roumanie". Le ministère français des Affaires étrangères rejette immédiatement, également sur X, "des allégations totalement infondées".

Environ quatre heures plus tard, Pavel Durov précise ses propos en mettant en cause Nicolas Lerner. Le patron de la DGSE lui aurait demandé, au salon des Batailles de l’hôtel de Crillon, luxueux établissement parisien, "de bannir les voix conservatrices en Roumanie" sur Telegram.

"Bas les pattes !"

Ce lundi, les services secrets extérieurs français dénoncent "les allégations selon lesquelles des demandes d’interdiction de comptes, en lien avec un quelconque processus électoral, auraient été formulées". La DGSE indique avoir "effectivement été dans l’obligation, à plusieurs reprises au cours de ces dernières années, d’entrer en contact direct avec Pavel Durov pour lui rappeler fermement les responsabilités de son entreprise […] en matière de prévention des menaces terroristes et pédopornographiques".

Le milliardaire, naturalisé Français en 2021, est mis en examen pour complicité d’activités criminelles. En août 2024, le fondateur de Telegram est arrêté à son arrivée à l’aéroport du Bourget, au nord de Paris. La justice française lui reproche un manque de modération sur sa messagerie cryptée, régulièrement pointée du doigt pour la présence de contenus pédopornographiques ou encore liés au trafic d’armes et de stupéfiants.

Pavel Durov n’est pas le seul à viser la France. Deux jours avant le second tour, le nationaliste roumain George Simion, donné favori et finalement battu, accuse Emmanuel Macron, aux "tendances dictatoriales", de manipulation électorale en faveur de son adversaire. "Bas les pattes !", lance le candidat à la présidentielle roumaine ce vendredi 16 mai lors d’une conférence de presse à Paris. Le même jour, le locataire de l’Elysée dénonce des "ingérences" dans les élections en Roumanie et en Pologne, sans cibler directement l’action de la Russie.

"Le fait que les pays européens - la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne - s’immiscent dans les affaires internes d’autres pays n’est pas une nouveauté", ironise ce lundi le porte-parole du Kremlin, Dimitri Peskov, en réponse aux allégations de Pavel Durov.

En Roumanie, un candidat d’extrême droite quasi inconnu, Calin Georgescu, avait créé la surprise en se plaçant en tête de l’élection présidentielle en novembre dernier. Le scrutin avait été annulé par la Cour constitutionnelle roumaine, après une campagne massive sur TikTok entachée de soupçons d’ingérence russe.

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