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Frères musulmans en France : un rapport pointe une "menace pour la cohésion nationale"

Un rapport sur les Frères musulmans commandé par le gouvernement relève une "menace pour la cohésion nationale" avec le développement d’un islamisme "par le bas" et à l’échelon municipal, selon le texte qui doit être examiné mercredi 21 mai en Conseil de défense. "La réalité de cette menace, même si elle repose sur une temporalité longue et ne recourt pas à l’action violente, fait peser le risque d’une atteinte au tissu associatif et aux institutions républicaines […] et plus largement à la cohésion nationale", affirme ce rapport dont les grandes lignes avaient été dévoilées mardi par Le Figaro.

En France, la mouvance "est établie sur une structuration solide, mais l’islamisme politique se diffuse d’abord sur le plan local", souligne le rapport, qui estime que la diffusion de cet islamisme "par le bas" constitue "une menace à court/moyen terme". Le rapport souligne le "caractère subversif du projet porté par les Frères musulmans". Ce projet vise "à œuvrer au long cours en vue d’obtenir progressivement des modifications des règles locales ou nationales", notamment celles concernant la laïcité et l’égalité femmes/hommes, soulignent les auteurs, qui ont effectué des entretiens avec 45 universitaires et procédé à dix déplacements en France et quatre en Europe.

"Un séparatisme subtil"

Cet "islamisme municipal" risque d’avoir des "effets croissants dans l’espace public et le jeu politique local" avec des "réseaux œuvrant au repli communautaire, allant jusqu’à la constitution d’écosystèmes islamistes de plus en plus nombreux". Toutefois, "aucun document récent ne démontre la volonté de Musulmans de France d’établir un État islamique en France ou d’y faire appliquer la charia", ajoutent les auteurs. Musulmans de France a succédé en 2017 à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et "est identifié comme la branche nationale des Frères musulmans en France".

"On ne se situe pas dans un séparatisme agressif" mais "dans une visée subtile […] mais non moins subversive pour les institutions", ajoutent-ils. Le rapport évalue à 139 le nombre de lieux de culte affiliés à Musulmans de France, avec en plus "68 considérés comme proches de la fédération, répartis sur 55 départements". Cela représente "7 % des 2 800 lieux de culte musulman répertoriés" en France, avec une fréquentation moyenne de "91 000 fidèles le vendredi" - même si "un fidèle fréquentant une mosquée de la mouvance n’est pas, loin s’en faut membre", note le rapport.

Le texte souligne aussi combien les Frères musulmans, "en perte d’influence" dans le monde arabo-musulman, "concentrent leur action sur l’Europe". C’est pourquoi les auteurs plaident pour "poursuivre les efforts de sensibilisation déjà déployés auprès de la Commission européenne". Pour les auteurs, "une action de terrain résolue et de longue haleine semble nécessaire pour endiguer la montée de l’islamisme politique".

Il leur apparaît également "essentiel" de l’accompagner "d’une sensibilisation de l’opinion publique" qui devra être conciliée avec "un discours laïque renouvelé" et de "signaux forts et positifs à destination de la communauté musulmane". Parmi ces signaux, ils évoquent "la réglementation funéraire" pour faciliter les carrés confessionnels, "l’apprentissage de l’arabe" qui "gagnerait à être remis sur le métier" et "la position française sur le conflit israélo-palestinien".

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