Alimentation : ces start-up qui s’attaquent au gaspillage
C’est un apparent paradoxe : 1 Français sur 2 refuse de perdre de la nourriture, selon l’institut Kantar. Et pourtant, 4 millions de produits parfaitement comestibles sont jetés chaque année en France. Pour nous aider à mieux consommer, une dizaine de start-up offrent des services antigaspi. En voici quelques-unes.
Too Good To Go
La plus célèbre, Too Good To Go, s’est fait connaître en proposant aux consommateurs de récupérer des paniers d’invendus dans les commerces alimentaires (supermarchés, boulangeries, restaurants, etc.). Son application a été téléchargée par près de 19 millions d’utilisateurs en France. "Notre solution est gagnante pour le consommateur, pour les commerces partenaires et pour la planète. C’est ce qui fait son succès", explique Méleyne Rabot, directrice générale de Too Good To Go France. Depuis son lancement en 2016, près de 100 millions de paniers ont ainsi été sauvés.
Pour s’attaquer encore plus efficacement au problème, l’entreprise a lancé en 2023 un service de colis antigaspi. Le principe ? Récupérer les invendus directement chez les industriels. Ce maillon de la chaîne alimentaire représente à lui seul 17 % de la perte totale, contre 21 % pour la distribution et la restauration réunies. Là aussi, l’initiative rencontre un certain succès puisque un million de colis de produits d’épicerie ont été livrés depuis le lancement du service.
Autre cible : la cuisine des ménages. En effet, un Français jette chaque année à la poubelle 24 kilos de nourriture encore comestible. Avec son logo "Observez, sentez, goûtez", Too Good To Go sensibilise le grand public à la différence entre la date limite de consommation ("à consommer jusqu’au…") et la date de durabilité minimale ("à consommer de préférence avant le…"), qui ne signifie pas que le produit est périmé.
Atypique
En amont de la chaîne, Atypique sauve les fruits et légumes "déclassés" directement dans les champs. Trop gros, trop petits, imparfaits… Ces produits sont habituellement refusés ou achetés à moindre coût par les circuits de distribution traditionnels. "Chaque année, 1,3 million de tonnes de fruits et légumes sont gaspillés au niveau des producteurs, ce qui représente pour eux un manque à gagner de 1 milliard d’euros", explique Thibault Kibler, l’un des cofondateurs. La jeune pousse, qu’il a lancée en 2021 avec son associé Simon Charmette, a permis de sauver 6 000 tonnes de fruits et légumes "moches".
L’entreprise fournit plus de 600 clients professionnels. "En travaillant avec des cantines scolaires, des restaurants d’entreprise ou des groupes hôteliers, nous touchons automatiquement un large panel de consommateurs. Notre action est décuplée", souligne Thibault Kibler.
PimpUp
Dans le sud de la France, la start-up PimpUp s’est également positionnée sur les fruits et légumes "déclassés". Cofondée par Anaïs Lacombe et Manon Pagnucco, elle propose des paniers sur abonnement. Chaque semaine, les clients reçoivent un colis dont le contenu varie en fonction des arrivages. "L’abonnement est sans engagement et le client peut le suspendre à tout moment. Le prix du panier est fixe. Nous faisons en sorte qu’il y ait suffisamment de variété et de quantité", précise Manon Pagnucco. PimpUp compte 2 800 abonnés et récupère 6 tonnes de fruits et légumes toutes les semaines.
Elle propose également des produits d’épicerie "qui ont une date de durabilité minimale un peu courte pour être acceptés par les magasins", poursuit-elle. Présente à Montpellier, Marseille, Toulouse, Bordeaux et bientôt Lyon, l’entreprise souhaite continuer à se déployer dans l’Hexagone et vise un catalogue de 500 références d’épicerie d’ici à la fin de l’année. Une version 2025 de la chasse au gaspi.