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Les sondages influencent-ils les électeurs ? La France insoumise relance le débat

La France insoumise réveille ses vieux démons. À travers le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’organisation des élections, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon demande un encadrement strict, voire une interdiction partielle des enquêtes d’opinion. Objectif affiché : protéger le vote citoyen. Avec en toile de fond, une rancœur électorale jamais digérée.

Interdiction des sondages avant l’annonce de la liste définitive

Ce vendredi 6 juin, dans le cadre du rapport de la commission d’enquête sur l’organisation des élections, La France insoumise a de nouveau haussé le ton contre les instituts de sondage politique. Antoine Léaument, député LFI et rapporteur n’a pas mâché ses mots et s’est chargé de porter la voix des Insoumis au sein de la commission d’enquête : selon lui, les sondages peuvent fausser le jeu démocratique avant même que la campagne ne soit lancée. Dans ce rapport, celui-ci propose l’interdiction pure et simple des sondages "avant que la liste définitive des candidats ou des listes en lice à une élection ne soit connue", soit généralement quelques semaines avant le scrutin.

Ce rapport, soutenu par la gauche et le groupe Liot, avec l’abstention des centristes, se veut un acte de défiance à l’égard des instituts d’opinion, jugés incapables de refléter fidèlement les dynamiques électorales. Selon le député LFI, les sondeurs "peuvent commettre de très lourdes erreurs, qui ne sont pas sans effet sur les choix électoraux".

115 recommandations "très politiques"

Derrière cette prise de position, une rancœur tenace : en 2017 comme en 2022, Jean-Luc Mélenchon a échoué de peu à accéder au second tour de la présidentielle, 600 000 voix la première fois, 400 000 la seconde. Un revers que ses partisans attribuent en partie à des sondages défavorables ayant pu dissuader certains électeurs. Antoine Léaument critique notamment la capacité des instituts à "constituer des échantillons réellement représentatifs de la population française, en particulier sur le plan politique".

Le président de la commission, Thomas Cazenave, a tenu à relativiser ces accusations. Pour lui, aucune preuve tangible ne permet de conclure à un biais structurel dans les pratiques des instituts. Il a également noté que le rapport comportait "115 recommandations très politiques". Devant les journalistes, Thomas Cazenave a affirmé : "Rien ne m’a convaincu dans les auditions, longues, que nous avons faites qu’il y avait un biais des sondeurs", avant de rappeler qu'"il y a une grande diversité chez les sondeurs, il y a finalement une grande concurrence, il y a des techniques professionnelles, il y a une commission des sondages qui les vérifie".

Si les deux hommes s’opposent sur la question des sondages, ils se retrouvent en revanche sur un point : la nécessité de renforcer la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus électoraux. Le rapport recommande d’ailleurs de "renforcer les moyens humains, techniques et financiers alloués aux services institutionnels chargés de la lutte contre les ingérences étrangères, en particulier Viginum", l’agence spécialisée en cybersurveillance. "Il faudra aussi probablement aller plus loin dans la coopération avec les plateformes et les réseaux sociaux pour détecter de manière très rapide les manipulations à l’œuvre, les faux comptes relais de fausses informations", a ajouté Thomas Cazenave. Mais sur le terrain des sondages, LFI devrait rester isolée.

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