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Ventes de livres : Nicolas Bedos et Louis Sarkozy ont-ils réussi leur promo ?

Nicolas Bedos jouait gros avec son récit La Soif de honte, longtemps annoncé chez Flammarion et finalement publié à l’Observatoire. Lâché par le milieu du cinéma depuis sa condamnation pour agression sexuelle, parviendrait-il à rebondir en librairie ? Son opération reconquête a commencé par une grande confession à son amie Peggy Sastre, publiée en "une" du Point avec ce titre maladroit : "C’est l’histoire d’un connard…" Il a ensuite eu droit à une interview périlleuse sur le plateau de l’émission Quelle époque ! de Léa Salamé, où le nouveau Laurent Baffie, Paul de Saint-Sernin, s’est montré sans pitié. Outre notre chroniqueuse Abnousse Shalmani, c’est Eugénie Bastié qui aura le mieux défendu Bedos en lui consacrant dans Le Figaro une pleine page charitablement anglée sur la seconde chance.

Las, la miséricorde n’est guère à la mode. Des militantes féministes sont allées taguer la façade de la maison d’édition de Bedos. Puis, déjà à terre, le réalisateur s’est fait flinguer par les inquisiteurs des Inrockuptibles – une descente facile signée d’un certain Théo Ribeton et intitulée "Les aventures de Ouin-Ouin au pays des wokistes". Payant sans doute sa mauvaise réputation et une certaine morgue, comme Yann Moix avant lui, le talentueux Bedos semble définitivement cloué au pilori : avec 3 000 exemplaires vendus de La Soif de honte, il ne connaîtra pas cette fois-ci la rédemption publique qu’il espérait.

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Les temps seraient-ils durs pour les "fils de" ? Ces dernières semaines, on a vu Louis Sarkozy partout, interviewé comme une sorte de nouvelle pythie (bodybuildée) de la droite – alors que le jeune homme de 28 ans n’a rien accompli de notable jusqu’à présent. Le prétexte de cette tournée médiatique : la promotion d’un essai sur Napoléon qu’il a écrit en anglais et n’a pas pris le temps de traduire lui-même en français (Napoléon Bonaparte. L’Empire des livres, chez Passés composés). On se souvient que, alors jeune ministre du Budget, Nicolas Sarkozy avait publié en 1994 une biographie de Georges Mandel (Le Moine de la politique, chez Grasset). L’Empereur était a priori un thème plus vendeur que Mandel. Mais avec un peu plus de 3 000 exemplaires, Louis Sarkozy navigue dans les mêmes eaux que Nicolas Bedos.

Car Napoléon ne pèse pas lourd, actuellement, face à la santé mentale. Augustin Trapenard vient d’en faire le thème d’un numéro de La Grande Librairie, avec en invité d’honneur Nicolas Demorand – dont le livre Intérieur nuit (Les Arènes) continue de s’arracher. Etait aussi présente autour de la table Philippa Motte, qui réalise un très bon démarrage avec son témoignage Et c’est moi qu’on enferme (Stock). Sur le sujet, le phénomène actuel demeure Adèle Yon avec Mon vrai nom est Elisabeth (Le Sous-sol), passionnante enquête psychogénéalogique autour d’une arrière-grand-mère lobotomisée puis internée, dont l’ombre continue de planer sur sa famille. Selon les prédictions des spécialistes, Adèle Yon devrait atteindre voire dépasser les 100 000 exemplaires d’ici la fin de l’année. Dans une veine plus légère, tirons enfin notre chapeau au sympathique Raphaël Quenard, qui s’impose en librairie avec son premier roman inventif et facétieux, Clamser à Tataouine (Flammarion). Déjà 25 000 exemplaires pour l’acteur – qui n’est le fils de personne et semble parfaitement équilibré psychologiquement.

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