Quotas carbone : cette société qui permet aux particuliers d’investir
Alors que la finance durable subit une vague de désamour de la part des investisseurs, la jeune société Homaio tente de réconcilier rentabilité et impact environnemental. "Le réchauffement climatique est un problème physique. Or la finance climatique s’est construite sur la base de normes et de réglementations parfois contradictoires et déconnectées de la réalité tangible", constate Valentin Lautier, fondateur de la plateforme. Celle-ci entend proposer aux investisseurs particuliers des solutions concrètes pour mettre leur argent au service du climat.
Pour démarrer, elle leur donne accès au marché des quotas d’émission européens. L’Union européenne a mis en place depuis 2005 un plafond d’émissions de gaz à effet de serre à destination des entreprises qui appartiennent aux industries les plus polluantes : énergie, acier, ciment, aviation… Ces dernières doivent rendre à la Commission européenne, chaque année en septembre, un volume de quotas correspondant à leurs émissions (1 quota = 1 tonne de CO2), qu’elles achètent directement auprès de la Commission ou bien sur le marché.
Subtilité : l’UE baisse régulièrement le nombre de quotas disponibles sur le marché pour faire grimper le prix de la tonne de carbone et inciter ainsi les industriels à investir dans la décarbonation de leur activité. "Ce mécanisme a déjà permis de réduire les émissions de 25 % en vingt ans", souligne Valentin Lautier.
Une performance potentiellement alléchante
Homaio propose de souscrire des obligations d’Homaio Carbon Holdings, dont la valeur reproduit celle du quota. "Cette société détient physiquement les quotas correspondant au montant des souscriptions", précise le patron. Pour les porteurs, l’objectif est double. Tout d’abord, profiter d’une performance potentiellement alléchante à la revente du titre. Leur prix évolue actuellement autour de 70 euros la tonne et pourrait doubler à échéance 2030, du fait de la raréfaction de l’offre. A court terme, toutefois, les variations de prix peuvent être assez violentes.
La jeune société, qui indique avoir déjà acquis plusieurs dizaines de milliers de quotas, met aussi en avant l’impact de sa solution. "Plus les particuliers vont en acheter, plus l’offre va être limitée et plus ils vont se renchérir, ce qui permettra d’accélérer les trajectoires de décarbonation", assure Valentin Lautier. Cet investissement est accessible dès 1 000 euros, moyennant 2 % de frais d’entrée et 1,5 % de frais de gestion, dégressifs en fonction du capital placé.