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Marines, Gardes nationaux… Donald Trump déploie des milliers de soldats à Los Angeles

Ce sont des mesures dénoncées comme disproportionnées et illégales par les opposants de Donald Trump. Le président américain a musclé lundi 9 juin de manière inouïe sa réponse à des heurts entre policiers et manifestants à Los Angeles, en Californie. Après plusieurs jours d’affrontement parfois violents entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés à la politique répressive de l’immigration clandestine, le dirigeant républicain de 78 ans a pris lundi la décision exceptionnelle de déployer sur le territoire américain 700 militaires d’active du célèbre corps des Marines.

Selon le Pentagone, le locataire de la Maison-Blanche a ensuite ordonné l’envoi de 2 000 membres supplémentaires de la Garde nationale, un corps de réserve, qui viennent s’ajouter aux quelque 2 100 déjà mobilisés dans la deuxième plus grande ville américaine. En pratique, 1 700 gardes ont total avaient été effectivement déployés lundi soir, selon le Commandement Nord de l'armée américaine.

"Le fantasme fou d’un président dictatorial"

La mesure a provoqué la colère et l’incompréhension de manifestants mais aussi de nombreux responsables démocrates qui accusent le président d’attiser les tensions.

Déjà opposé à l’envoi de la Garde nationale, le gouverneur démocrate de l’Etat, Gavin Newsom, a estimé que le déploiement de militaires d’active assouvissait "le fantasme fou d’un président dictatorial".

Le gouverneur a aussi critiqué la mobilisation annoncée de 2 000 réservistes supplémentaires, alors que les premiers envoyés n’auraient reçu ni eau ni nourriture selon lui. "300 sont déployés, le reste attend, inutilisé, dans des bâtiments fédéraux, sans ordre", a déclaré Gavin Newsom sur le réseau social X. "Ça n’a rien à voir avec la sécurité publique, cela vise juste à caresser dans le sens du poil l’ego d’un président dangereux", a-t-il asséné.

Le procureur général de Californie veut poursuivre Trump en justice

Clairement décidé à durcir le ton, Donald Trump avait auparavant averti sur sa plateforme Truth Social ceux qu’il appelle des "insurgés" : "S’ils crachent, nous frappons, et je vous promets que nous frapperons comme jamais auparavant." Vendredi, des manifestants avaient tenté de s’interposer face aux arrestations musclées d’immigrés menées par la police fédérale de l’immigration (ICE).

Le procureur général de Californie Rob Bonta a annoncé lundi poursuivre Donald Trump en justice, estimant que son choix de mobiliser la Garde nationale sans l’aval du gouverneur "violait" la Constitution. La maire démocrate de Los Angeles, Karen Bass, a assuré que le périmètre des affrontements ne concernait que "quelques rues" du centre-ville. A en croire Donald Trump, la métropole californienne aurait été "rayée de la carte" s’il n’avait décidé d’envoyer la Garde nationale. Une version contredite par le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman. "Nous n’avons pas constaté de troubles civils de grande ampleur qui nécessiteraient 2 000 gardes nationaux et 500 ou 700 soldats supplémentaires", a-t-il affirmé à la chaîne NewsNation.

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