Financement participatif : nos conseils pour choisir la bonne plateforme
Le financement participatif a du plomb dans l’aile. Le montant des fonds collectés par des plateformes dédiées sur Internet est en net recul, s’élevant à 1,73 milliard d’euros en 2024 contre 2,09 milliards d’euros en 2023 et 2,35 milliards d’euros en 2022. Pourtant, cette activité permet aux particuliers, via une somme minimale raisonnable (entre 100 et 1 000 euros), d’investir dans des entreprises ciblées pour des projets bien fléchés.
Cet investissement se matérialise soit en devenant actionnaire (crowdequity) soit en finançant un prêt rémunéré ou en souscrivant à une émission obligataire (crowdlending). "Le financement obligataire s’est imposé comme le véhicule financier le plus populaire auprès des épargnants, car son mode d’emploi est facile à comprendre, souligne Florence de Maupeou, déléguée générale adjointe de France FinTech. Il permet notamment de financer des projets immobiliers. Or le marché de l’immobilier est en pleine crise, ce qui a fortement affecté l’activité des plateformes."
Résultat : certaines d’entre elles, comme Koregraf et WeShareBonds, ont dû mettre la clef sous la porte. "Echaudées par les retards de remboursement, voire les faillites, de certains opérateurs immobiliers, elles ont durci leurs critères de sélection et renforcé les garanties, observe Florence de Maupeou. A peine plus de 1 projet sur 10 est effectivement mis en ligne actuellement."
Les informations à scruter
Pour éviter les mauvaises surprises, il est donc important de bien choisir sa plateforme avant même de sélectionner les projets. Depuis fin 2023, chacune doit détenir un agrément européen de prestataire de services de financement participatif (PSFP), l’obligeant à suivre certaines règles prudentielles. Mais cela ne suffit pas à garantir sa fiabilité. "Vérifiez sa réputation sur Trustpilot et sur des forums comme 'Argent & salaire' ou MoneyVox, conseille Bertrand Desportes, associé chez Forvis Mazars.
Ensuite, consultez ses statistiques d’activité sur son site Internet et assurez-vous que celles-ci sont régulièrement mises à jour. Regardez aussi son actionnariat et privilégiez celles qui disposent de grands groupes dans leur capital. Il est également important de vérifier la profondeur de l’équipe en place (effectifs, compétences, services dédiés…). L’information relative aux projets financés doit être claire, structurée et judicieuse. Evitez enfin les plateformes trop agressives en termes de démarchage."
Montrez-vous également rigoureux quant au choix des projets. Dans l’immobilier, limitez le risque en privilégiant des opérations de rénovation sans grands travaux à des programmes neufs. Assurez-vous que le taux de précommercialisation dépasse au moins les 50 %. Si vous franchissez le pas, vous pourrez obtenir un rendement annuel de 10 à 11 % sur une durée de dix-huit à vingt-quatre mois. Les plateformes jugées les plus fiables étant Raizers, Bricks et Monego.
Dans le domaine des énergies renouvelables, vérifiez le poids de la société, son secteur (éolien, biogaz, photovoltaïque…) ainsi que l’équilibre financier du projet. L’investissement rapporte de 7,5 à 8 % par an pour une durée moyenne de quarante-cinq mois. Les acteurs de référence s’appellent Enerfip, Lendosphere et Lendopolis (cette dernière ayant été rachetée par Lendosphere fin 2024).
Enfin, si vous optez pour le crowdequity, il faut impérativement comprendre l’activité de la société, vérifier la cohérence de son plan d’affaires, le potentiel de son marché, l’expérience du management… Il s’agit d’un pari financier dont la performance ne sera connue qu’au moment de la cession de l’entreprise. Des acteurs tels que Sowefund, Anaxago et Crowdcube seront de bonnes options pour se lancer.
Un article de notre dossier spécial Placements, publié le 19 juin.