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Quand Védrine déraille avec Macron sur la question palestinienne

Dans Le Monde daté du 27 et 28 juillet, interviewé au sujet de la décision de Macron de reconnaitre l’Etat palestinien, Hubert Védrine « salue cette décision » selon le titre de l’article.

Son argumentation est plurielle comme la gauche. Elle s’appuie d’abord sur deux raisons répétées ad nauseam par la bien-pensance paresseuse : le drame humanitaire de la bande de Gaza et bien entendu « Netanyahou et ses alliés d’extrême-droite ».  Concernant le drame de Gaza, outre le fait qu’il obsède plus la gauche que tous les autres drames dont celui des Chrétiens dans ce même Orient, on sait que la vérité sur cette tragédie devra attendre le verdict de l’Histoire qui documentera sur pièces le partage des responsabilités entre Israël et le Hamas. Concernant Netanyahou, nous avons affaire à un dirigeant élu d’une démocratie pluraliste, mais cela ne suffit pas à certains démocrates qui n’aiment que leurs « élus du camp du bien » auto-estampillés.

Les autres arguments sont éthérés et erronés.

Ethérés comme d’imaginer une « autorité palestinienne radicalement nouvelle… » Chapeau l’artiste ! Il fallait en effet y penser alors qu’en plus de 70 ans toute solution à deux Etats a été refusée à six occasions par la partie palestinienne… Autorité qui dans sa Charte pourtant révisée en 2017 déclare toujours vouloir « purifier cette terre de la pourriture juive »… Autorité qui continue à n’imaginer la Palestine que « libre de la rivière à la mer », bref sans Israël !

Mais erronés quand Hubert Védrine considère « mensonger de prétendre que reconnaitre la Palestine serait récompenser le terrorisme comme si on disait que l’indépendance de l’Algérie avait été une récompense pour les terroristes du FLN ». Mauvaise pioche car ce fut exactement le cas et Védrine, avec ce malheureux exemple, trahit deux mémoires, celle de la France, et celle de l’Algérie dont le pouvoir adore ce type de lecture par les idiots utiles qui bloquent ainsi tout changement pourtant vital à l’avenir de ce pays et de ses habitants.

En effet, le Général de Gaulle, une fois sa décision prise, avait le choix entre deux solutions.

Celle introduite par Challe en juin 1960 d’une paix des braves en organisant une rencontre secrète avec Si Salah, chef de la wilaya de l’Algérois et représentant deux autres chefs de wilaya. Cette paix des braves comme un salut respectueux à Abdelkader à plus d’un siècle de distance qui aurait eu l’autodétermination comme première étape et sans doute l’indépendance au bout, mais sans son cortège de tragédies qui feuilletonnent l’Algérie depuis les premiers  jours de l’indépendance en 1962 à aujourd’hui comme l’actualité nous le prouve des deux côtés de la Méditerranée.

Mais le général de Gaulle a fait un autre choix, celui de privilégier la branche politique, le GPRA, installé en Tunisie et instrumentalisé par l’URSS. Sans doute pressé d’en finir avec cette partie de la France dont il gardait quelques mauvais souvenirs de 40-45 et subodorait tous les inconvénients. Il abandonna la partie comme on quitte une table avec des tricheurs, la laissant à la gauche des porteurs de valises qui récupéraient un Cuba bis à 2 heures 20 de Paris.

Pourquoi Védrine est-il allé chercher pareil exemple au moment où nous avons deux otages dans les prisons algériennes ? deux prisonniers du système FLN qui a gangréné ce pays ? qui est corrompu comme le sont et l’ont été toutes les autorités palestiniennes ? Un pays qui ne tient aucun de ses engagements depuis des décennies avec un esprit de récidive inspirant pour ses ressortissants et ses alliés ? Oui, pourquoi M. Védrine ?

Ne soyons pas mesquin car le « Grand Diplomate » Mr Védrine a sa solution, pardon La Solution : « une autorité palestinienne radicalement nouvelle »… Alors soyons un peu taquin, en pensant que Védrine, de manière subliminale et assez subtile, pense peut-être avoir trouvé un trou de souris pour, dans Le Monde en page 5 sur deux colonnes, se racheter une conduite à gauche en général, et ses remords rwandais en particulier ?

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