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Droits de douane : François Bayrou regrette "un jour sombre", où l’Europe "se résout à la soumission"

Le président américain Donald Trump et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont arraché dimanche en Ecosse un accord douanier prévoyant que les produits européens exportés aux Etats-Unis soient taxés à 15 %. L’accord a été trouvé tout juste quelques jours avant la menace de taxes américaines de 30 %, qui devaient s’appliquer dès le 1er août.

L’accord est jusqu’à présent accueilli sans enthousiasme, notamment en France, où plusieurs ministres ont dénoncé un compromis déséquilibré, alors qu’Emmanuel Macron était partisan d’une ligne dure contre le président américain Donald Trump.

Les infos à retenir

⇒ Bayrou regrette "un jour sombre", où l’Europe "se résout à la soumission" après avoir conclu un accord sur les droits de douane avec les Etats-Unis

⇒ Les impacts diffèrent d’un pays européen à l’autre, la France moins touchée que l’Allemagne et l’Irlande

⇒ L’accord UE-USA "pèse" sur les constructeurs automobiles allemands

Pedro Sánchez soutient l'accord commercial "sans aucun enthousiasme"

Le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sánchez, a affirmé ce lundi qu'il "(soutenait)" l'accord commercial conclu la veille par les Etats-Unis et l'UE, mais "sans aucun enthousiasme". "J'apprécie l'attitude constructive (...) qu'a eue la présidente de la Commission européenne", Ursula von der Leyen, qui a négocié cet accord avec le président américain Donald Trump, a dit le chef du gouvernement espagnol lors d'une conférence de presse à Madrid.

Bruxelles, de son côté, a cherché à défendre le compromis scellé avec les Etats-Unis. "Je suis 100% sûr que cet accord est meilleur qu'une guerre commerciale avec les Etats-Unis", a affirmé le commissaire européen Maros Sefcovic, qui a négocié cet accord durant des mois avec l'administration Trump. "C'est clairement le meilleur accord que nous pouvions obtenir dans des circonstances très difficiles", a revendiqué Maros Sefcovic. Il a souligné qu'il s'était rendu à Washington 10 fois avec ses équipes pour trouver une issue à ce différend commercial. Et que des droits de douane plus élevés auraient mis jusqu'à 5 millions d'emplois européens en péril.

François Bayrou regrette "un jour sombre", où l’Europe "se résout à la soumission"

Le Premier ministre français François Bayrou a regretté ce lundi 28 juillet "un jour sombre" pour l’Europe qui "se résout à la soumission" en signant l’accord commercial annoncé dimanche entre l’Union européenne et les États-Unis.

"C’est un jour sombre que celui où une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission", a réagi le chef du gouvernement sur X. Cet accord établit à 15 % les droits de douane américains sur les produits européens et l’UE s’engage à 750 milliards de dollars d’achats d’énergie - visant notamment à remplacer le gaz russe - et à 600 milliards d’investissements supplémentaires aux États-Unis.

"La messe ne doit pas être dite", a affirmé ce lundi le ministre français délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin, appelant à un "rééquilibrage" notamment dans les services. "Moi, je ne veux pas qu’on s’arrête à ce qui s’est passé hier (dimanche). Ce serait effectivement assumer que l’Europe n’est pas une puissance économique. Et surtout, il y a un enjeu politique derrière", a-t-il dit.

Droits de douane : pour Orban, Trump a "mangé" Von der Leyen "au petit déjeuner"

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a vivement critiqué ce lundi l’accord intervenu dimanche entre l’UE et les Etats-Unis sur les droits de douane, le jugeant "pire" que celui obtenu en mai par le Royaume-Uni. "Ce n’est pas Donald Trump qui a conclu un accord avec Ursula von der Leyen, c’est plutôt Donald Trump qui a mangé Ursula von der Leyen au petit déjeuner", a lancé le dirigeant hongrois sur un live Facebook animé par le porte-parole de son parti.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a quant à elle accueilli "positivement" l’accord, jugeant qu'"une escalade commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis aurait eu des conséquences imprévisibles et potentiellement dévastatrices". "Il est évident que […] nous devrons travailler davantage sur l’accord, car ce qui a été signé hier est un accord juridiquement non contraignant et général", a déclaré la dirigeante italienne aux journalistes en marge d’une visite à Addis-Abeba ce lundi. "Je pense qu’il s’agit d’une base viable, après quoi il faudra évidemment entrer dans les détails."

L’accord UE-USA "pèse" sur les constructeurs automobiles allemands

Les droits de douane de 15 % qui seront appliqués sur les voitures européennes entrant aux Etats-Unis dans le cadre de l’accord avec l’Union européenne "pèsent" sur les constructeurs automobiles allemands, a déploré lundi la fédération du secteur VDA. "Les droits de douane américains de 15 %, qui s’appliquent également aux produits automobiles, coûteront des milliards chaque année aux entreprises automobiles allemandes", a déclaré Hildegard Mueller, présidente de la fédération des constructeurs automobiles allemands VDA.

Pour la filière automobile, pilier de l’économie allemande et premier secteur industriel du pays, ces surtaxes douanières vont s’ajouter à une situation déjà difficile entre concurrence chinoise accrue et coût du virage vers la mobilité électrique. Les Etats-unis ont représenté l’an dernier le premier débouché des véhicules exportés d’Allemagne (13,1 %), même si nombre de constructeurs allemands ont des usines implantées de l’autre côté de l’Atlantique où ils produisent pour le marché américain. Le lobby automobile européen a quant à lui salué une "désescalade".

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