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"Ces cinq entreprises valent plus que la Chine…" : le nouvel ordre mondial de l’innovation décrypté par Mehran Gul

C’est un fascinant tour du monde de l’innovation, de San Francisco, nouvelle capitale de l’IA, à la Corée du Sud, en passant par le Canada, l’Europe ou Singapour. Dans The New Geography of Innovation (William Collins, non traduit), Mehran Gul, spécialiste de la tech et des transformations digitales, est parti à la rencontre des entrepreneurs, chercheurs et investisseurs qui façonnent la planète de demain. Classé parmi les livres de l’année par le Financial Times, son essai analyse finement les forces et faiblesses des différentes régions. Il montre comment les Etats-Unis, en dépit des annonces très prématurées sur le déclin de la Silicon Valley, jouent toujours dans une ligue à part, tandis que la Chine a fait des progrès spectaculaires, de la recherche scientifique à l’IA, tout en étant le leader incontesté de la transition énergétique.

Dans un entretien à L’Express, Mehran Gul évoque les forces et faiblesses des deux superpuissances de l’innovation, et explique ce que l’Europe pourrait faire concrètement pour accélérer dans cette course. Mais il souligne aussi que de la Russie à l’Afrique, le reste du monde à du souci à se faire, tant il a pris du retard.

L’Express : On aurait pu penser qu’à l’ère du numérique et du télétravail, la géographie devienne moins importante. Mais vous soulignez à quel point elle reste clé en matière d’innovation…

Mehran Gul : On mentionne régulièrement les exemples d’entreprises comme Skype (Estonie), UiPath (Roumanie) ou Hugging Face (France). Mais le fait est que ces entreprises innovantes finissent souvent par s’installer dans des endroits où se trouvent d’autres start-up à fort potentiel, comme New York pour UiPath et Hugging Face. Une excellente idée peut naître n’importe où. Mais en les développant, les entreprises déménagent dans des "hubs" avec des personnes qui partagent les mêmes idées, et de l’argent pour les financer.

Comment mesurer le poids des différents pôles économiques en matière d’innovation ? Et quel est le rapport de force entre les Etats-Unis, la Chine ou l’Europe ?

On peut d’abord envisager le monde du point de vue d’un investisseur en capital-risque. Qui produit le plus de licornes, c’est-à-dire de start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars ? Sur ce plan, les Etats-Unis sont loin devant, avec cette année 1 603 licornes, contre 403 pour la Chine, 176 pour le Royaume-Uni, 116 pour Israël, 110 pour l’Inde, 69 pour l’Allemagne, 6 pour le Canada et 54 pour la France.

Mais c’est une façon trop restrictive d’aborder le sujet, car l’innovation ne se limite pas aux nouvelles entreprises. Nvidia a plus de 30 ans, ce qui dans le contexte de la Silicon Valley relève presque de l’Antiquité, mais son rôle est majeur dans l’IA. Si l’on considère ainsi les entreprises nouvelles et plus anciennes dans le secteur technologique, les Etats-Unis sont toujours loin devant en termes de capitalisation boursière totale, la Chine atteignant un tiers de son niveau, et l’ensemble de l’Europe n’arrivant même pas à talonner la Chine, alors que le reste du monde ne compte presque pas.

La troisième mesure qu’on peut utiliser, c’est celle de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), beaucoup plus multifactorielle. Après tout, la technologie n’est pas la seule innovation qui compte. Cet indice mondial de l’innovation place la Suisse en tête, suivie de la Suède, des Etats-Unis, de la Corée du Sud, de Singapour, du Royaume-Uni, de la Finlande, des Pays-Bas, du Danemark et de l’Allemagne. Sept pays parmi les dix premiers sont européens, ce qui donne l’impression que le Vieux Continent est au centre de là où se joue notre avenir. Cela semble être difficilement le cas…

Toutes ces mesures offrent donc une vision très limitée de l’innovation. Mais compilées, elles permettent d’avoir un bon panorama.

Après avoir échangé par mail, nous discutons vous et moi en ce moment par Zoom via un ordinateur personnel et Internet. Toutes ces inventions sont bien sûr américaines. Si les Etats-Unis ont marqué l’ensemble des technologies définissant la vie moderne, sont-ils toujours aussi dominants aujourd’hui ?

Si on prend uniquement les chiffres, la domination américaine est flagrante. Les cinq entreprises les plus valorisées au monde viennent des Etats-Unis [NDLR : Nvidia, Microsoft, Apple, Alphabet et Amazon]. Nvidia a été la première à dépasser les 5 000 milliards de dollars de capitalisation. Microsoft pèse plus de 4 000 milliards et Google plus de 3 000 milliards. Ces cinq entreprises technologiques américaines valent théoriquement plus que l’ensemble de l’économie chinoise, même si les valorisations reflètent davantage le capital disponible dans votre environnement que le potentiel des entreprises. Il y a bien plus de capital disponible aux Etats-Unis, et une grande partie des capitaux mondiaux affluent vers des pays comme les États-Unis, tandis que les entreprises chinoises ne puisent que dans les marchés financiers chinois. Imaginez ce que pourrait valoir Huawei, Tencent ou ByteDance si elles étaient basées aux États-Unis… On pourrait d’ailleurs assister à une correction massive de ces valorisations. Craignant une bulle de l’IA, Peter Thiel ou Softbank ont vendu la totalité de leur participation dans Nvidia. Si la bulle éclate, on verra peut-être où en est le réel rapport de force entre les Etats-Unis et la Chine…

De nombreux observateurs ont affirmé que la Silicon Valley aurait déjà atteint son apogée. "La Silicon Valley, c’est fini" avait par exemple titré le New York Times en 2018…

Databricks a une valorisation de 130 milliards de dollars. OpenAI et Anthropic sont également basés à San Francisco. Si on devait désigner la capitale mondiale de l’IA, il serait difficile de lui contester ce titre. Historiquement, c’est le sud de la baie qui accueillait les grands noms de la tech, entre Moutain View, Palo Alto ou Cupertino. San Francisco jouait un rôle marginal. Mais cela a changé depuis dix ans, preuve que la Silicon Valley est en pleine expansion. Le monde passe de l’ère ". com" à l’ère de l’IA, et la Silicon Valley est le lieu où cette transition s’opère. Les entreprises les plus influentes de cette nouvelle vague y sont basées.

Que fera l’Europe si toutes les industries du futur migrent vers l’est l'Europe ?

La Chine est la seule vraie rivale des États-Unis en matière d’innovation. Elle a longtemps été réputée pour ses copies. A quel point a-t-elle fait des progrès, de la recherche scientifique à l’IA ?

Quand j’ai commencé à écrire ce livre, les gens considéraient encore la Chine comme un pays copieur. Et puis, pendant l’écriture, BYD s’est mis à produire plus de véhicules électriques que Tesla. Alors qu’en 1990, la Chine ne fournissait que 1,2 % des publications scientifiques au niveau mondial, elle a dépassé les Etats-Unis. L’article ResNet sur l’IA, publié par le laboratoire MSRA basé à Pékin, est l’article universitaire le plus cité au monde au XXIe siècle. Cette année, nous avons été surpris par l’agent conversationnel DeepSeek, tout comme par la nouvelle voiture électrique de Xiaomi. On peut être surpris une ou deux fois, mais si c’est dix fois, c’est que nous regardons la Chine avec des œillères.

La Chine est le leader incontesté de la transition énergétique. Elle produit plus de panneaux solaires, de véhicules électriques ou de batteries que le reste du monde réuni…

L’entreprise allemande Enpal fabriquait elle-même des panneaux solaires. Mais n’arrivant pas à rivaliser avec les fabricants chinois, elle est passée à la distribution de panneaux solaires chinois, ce qui lui a permis de devenir une licorne. Son PDG m’a confié que la Chine n’est pas le leader de l’industrie des panneaux solaires. Elle est l’industrie solaire. Tous les autres acteurs sont marginaux. Dans l’industrie des batteries, les dix premiers fabricants mondiaux sont asiatiques, dont six chinois, les autres étant sud-coréens ou japonais. Est-ce le signe d’autres changements à venir ? Il y a encore dix ans, il aurait été impensable qu’une industrie technologique soit autant dominée par des Asiatiques. Même dans des secteurs très spécialisés comme les écrans LCD, ce n’était pas le cas. Aujourd’hui, dans le domaine des véhicules électriques, BYD produit plus de voitures que l’ensemble de l’industrie automobile allemande. C’était inimaginable il y a encore quelques années, en sachant que l’industrie automobile, en France, en Allemagne ou en Italie, est un élément essentiel de l’identité de ces pays, le symbole de leur puissance industrielle.

J’avais interviewé le PDG de Northvolt, Paolo Cerutti. Cette entreprise suédoise spécialisée dans les batteries électriques représentait le pari de l’Europe pour conserver son industrie automobile. C’était la start-up la mieux financée et soutenue, tant elle était précieuse. Or elle a fait faillite cette année. Cela soulève des questions importantes sur la compétitivité européenne. Que fera l’Europe si toutes les industries du futur migrent vers l’Est ?

Le régime de Xi Jinping devient de plus en plus autoritaire et obsédé de contrôle. Pékin a par exemple apporté des restrictions sur les jeux vidéo ou a interdit officiellement les cryptomonnaies. Cela pourrait-il avoir un impact sur l’innovation chinoise ?

Cela a déjà un effet néfaste. Shein ou Hillhouse Investment ont déménagé à Singapour. Forrest Li, qui a fondé le groupe Sea, plus grande entreprise d’Asie du Sud-Est et champion du e-commerce comme des jeux vidéo, a lui aussi émigré. Tencent aurait été la première entreprise non américaine à valoir 1 000 milliards de dollars si l’Etat chinois ne l’avait pas décapitée. Aujourd’hui, sa valorisation a remonté, mais le leader en Asie est la taïwanaise TSMC.

Les entrepreneurs chinois n’en parlent pas ouvertement dans leurs propres médias, mais quand on échange avec eux, ils sont très ouverts sur ce sujet. L’Etat chinois a ciblé les entreprises les mieux établies comme Alibaba ou Tencent, car il estimait que ces géants empiétaient sur son territoire. C’est précisément pourquoi les mastodontes comme Huawei ou Tencent ne font aujourd’hui plus la Une des journaux. Ce sont de nouvelles entreprises chinoises, comme DeepSeek, qui font l’actualité, car elles ne représentent aucune menace pour Pékin.

Vous citez notre prix Nobel Jean Tirole qui a déclaré que l’Union européenne est en train de perdre la course à l’innovation. En refermant votre livre, il est difficile de ne pas partager ce constat pessimiste…

Étant quelqu’un qui vit en Europe et qui aime l’Europe, je dirais qu’elle ne se porte pas mal, mais qu’elle ne répond pas aux attentes. Elle connaît toujours une croissance, mais pas aussi rapide que celle des États-Unis et de la Chine. Si nous avions eu cette conversation il y a une dizaine d’années, les seules entreprises dans la tech auxquelles nous aurions pensé, c’était Skype et DeepMind. Mais aujourd’hui, on voit apparaître des entreprises comme Revolut, fintech la plus valorisée d’Europe, basée au Royaume-Uni. Il y a Spotify ou Lovable en Suède. Hugging Face et Mistral sont nés en France. La Rocket Factory Augsbourg tente de défier SpaceX. Beaucoup d’entrepreneurs européens avec lesquels je discutais il y a encore cinq ans avaient pour ambition de vendre leur entreprise aux Etats-Unis. Mais cela a changé. L’expérience de DeepMind, vendue pour 600 millions de dollars à Google en 2014, a servi de leçon, car aujourd’hui, tous ses concurrents, comme Anthropic ou OpenAI, valent des centaines de milliards de dollars. C’est une mise en garde. Les fondateurs de DeepMind ne sont pas milliardaires, et ils ont perdu leur indépendance. La prochaine génération d’innovateurs européens aura cela en tête.

Emmanuel Macron voulait faire de Paris la capitale technologique d’Europe. A-t-il échoué ?

Il reste encore du chemin à parcourir, mais la Station F, inaugurée en 2017, est un vrai succès. Les sommités technologiques du monde entier y viennent non seulement pour parler, mais aussi pour voir ce qui s’y passe sur place. N’oublions pas que la Silicon Valley ne s’est pas construite en un jour, c’est une histoire longue de 80 ans.

Que devrait faire l’Europe pour combler son retard ?

Il y a trois choses qu’elle peut faire de manière très concrète. La première, c’est d’examiner la part d’une entreprise qui, à ses débuts, appartient à ses propres employés. Quand une entreprise technologique américaine comme Facebook connaît le succès et est introduite en bourse, environ 20 % de ses parts appartiennent généralement à ses employés. Or un employé de la tech est différent d’un employé d’autres secteurs, car il n’achète pas d’obligations et n’investit pas dans l’immobilier. Ce qu’il fait généralement avec l’argent qu’il gagne dans son entreprise technologique, c’est de créer ou d’investir dans d’autres entreprises technologiques.

En Europe, cette part détenue par les employés ne se situe généralement qu’entre 5 à 10 %. Donc, même lorsque vous avez des réussites en Europe, la richesse a tendance à se concentrer entre les mains des fondateurs et ne se retrouve pas au niveau de la base, ce qui fait qu’il y a moins d’argent qui circule dans le système. Skype et PayPal avaient par exemple à peu près la même taille quand ils ont été vendus. Mais PayPal a créé entre 100 et 160 millionnaires, alors que Skype n’en a produit que onze. C’est une des principales raisons pour lesquelles on parle de "mafia PayPal" [Elon Musk, Peter Thiel, Reid Hoffman, David Sacks… NDLR] et pas de "mafia Skype". Il s’agit donc de faire pencher la balance des rémunérations dans les start-up plus vers les actions que vers les salaires.

Deuxième chose : le Nasdaq a joué un rôle important aux États-Unis en aidant les entreprises à lever des fonds sur les marchés publics dès leur début. L’Europe n’a rien de comparable. Elle dispose de 41 bourses différentes qui se livrent une concurrence acharnée pour un montant déjà limité de capital-risque. Avoir un marché boursier axé sur la technologie, avec des normes d’entrées moins strictes, qui pourrait être basé en Suisse où le secteur bancaire est déjà très développé, serait un véritable atout pour l’Europe.

Enfin, Mario Draghi a lui-même mentionné dans son rapport qu’une grande source de capitaux qui manque en Europe, ce sont les fonds de pension. Aux États-Unis, jusqu’à 15 % de l’argent investi dans le capital-risque provient des fonds de pension. Dans un pays comme l’Allemagne, lorsque vous cotisez pour votre retraite, vous financez la retraite de quelqu’un d’autre. Aux États-Unis, à l’inverse, ce capital s’accumule au fil du temps avant que vous n’en disposez à votre retraite. Cet argent fait défaut en Europe, et nous devrions trouver un moyen de le mettre à la disposition des entreprises innovantes en phase de démarrage.

Votre livre soulignez aussi l’importance de la démographie en matière d’innovation, et l’énorme avantage qu’a représenté l’immigration pour les Etats-Unis, qui ont su toujours attirer les talents du monde entier. Donald Trump, avec ses restrictions en matière d’immigration et de visas, est-il en train de se tirer une balle dans le pied ?

Très utilisés dans le secteur technologique, les visas H-1B concernaient presque exclusivement des personnes nées en Inde ou en Chine. Les frais de 100 000 dollars imposés par Trump à ce permis de travail représentent une lourde restriction pour les entreprises qui parrainent ces talents. Or on a vu à quel point le secteur technologique américain est alimenté par les cerveaux indiens. Cette politique est donc très problématique pour l’innovation américaine. Mais si les Etats-Unis font des erreurs, la Chine et l’Europe en commettent aussi beaucoup. Cela ne changera sans doute pas la donne en faveur de leurs concurrents étrangers.

Aujourd’hui, plus personne ne parle de la Russie sur le plan technologique…

Le Japon, déjà en plein déclin démographique, n’apparaît même plus dans votre tour du monde de l’innovation…

Le Japon et l’Allemagne étaient des pays très innovants au XXe siècle, mais sont clairement en retrait. Il faut en tirer les leçons. Le modèle allemand reposait sur le Mittelstand, des entreprises privées de taille moyenne, qui représentent la moitié de l’emploi et deux tiers des exportations. Ce système a très bien fonctionné. Mais ces entreprises ne sont pas cotées en Bourse, et leur succès ne profite pas à leur environnement. Les employés ne bénéficient par exemple pas de l’excédent de capital d’Aldi ou de Lidl, qu’ils pourraient réinvestir en créant leur propre entreprise.

Les personnes qui ont une opinion négative des grandes entreprises ont tendance à penser que les petites et moyennes entreprises sont une bien meilleure alternative. Or si l’on regarde les statistiques sur les inégalités, l’Allemagne est certes un pays riche, mais les Allemands riches sont parmi les personnes les plus fortunées du monde (seuls la Chine et les Etats-Unis ont plus de milliardaires qu’elle), alors que l’Allemand moyen figure parmi les plus pauvres en Europe. Non seulement ce modèle de PME ne produit donc pas des résultats égalitaires très différents du modèle des grandes entreprises, mais cela a un impact sur l’innovation.

Dans le livre, je cite le tunnelier Herrenknecht, qui a des résultats incroyables en termes de qualité. Mais alors qu’il était autrefois le premier constructeur de tunnels au monde, il ne figure même plus sur le podium. Et c’est une histoire qui se répète sans cesse en Allemagne, avec une incapacité à rivaliser avec les acteurs asiatiques qui arrivent avec des fonds publics ou les acteurs américains qui ont des fonds de capital-risque.

L’Afrique, l’Amérique latine ou la Russie n’apparaissent pas dans votre "nouvelle géographie de l’innovation"…

Les Européens ont tendance à avoir une vision très pessimiste d’eux-mêmes, mais au moins, ils sont lancés dans la course, même s’ils sont loin des Etats-Unis et de la Chine. Il y a quelques entreprises européennes qui comptent en matière d’innovation. Mais l’Afrique, l’Amérique latine ou la Russie sont en train de prendre un retard considérable, si l’on considère que la tech sera au centre de toutes les industries du futur !

L’entreprise en Afrique avec la plus forte capitalisation, c’est Naspers. Vous n’en avez probablement jamais entendu parler, car elle ne fabrique rien. Sa valorisation repose sur le fait qu’elle ait acheté 35 % des parts de Tencent il y a vingt ans. A part ce cas particulier, les autres grandes entreprises africaines restent dans les hydrocarbures ou les matières premières. L’entreprise la plus valorisée d’Afrique est donc celle qui détient une petite participation dans une entreprise chinoise. Nous devrions être très préoccupés par cela.

Il y a soixante ans, l’Union soviétique était la seule à rivaliser les Etats-Unis. Aujourd’hui, plus personne ne parle de la Russie sur le plan technologique. Quoi qu’on pense de ce pays, la technologie doit se développer dans plus d’endroits dans le monde. Même si on fait abstraction du cas particulier de la Russie de Vladimir Poutine, regardez où en sont les anciennes républiques soviétiques. Le premier homme à être allé dans l’espace a été envoyé depuis le Kazakhstan, à Baïkonour. Pourquoi ces pays qui, avant 1989, avaient une culture technique si forte ne l’ont-ils plus aujourd’hui ? Davantage de personnes devraient se poser cette question au lieu de se contenter de parler des relations entre les États-Unis et la Chine, car cela risque de poser de sérieux problèmes à l’avenir.

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