Un rapport du FMI propose des réformes plutôt libérales : moins de réglementations, moins de fiscalité et plus de libre-échange
C’était cette année la vingtième réunion du « G2O » qui regroupe les pays économiquement les plus développés. Elle a eu lieu les 22 et 23 novembre, quelques jours après qu’a été publié le dernier rapport du FMI, dont le constat tombait à pic.
Le rapport du FMI montre que la croissance perd de la vitesse. Elle a été de 3,2 % en 2025 pour les pays du G20 et les prévisions ne dépassent pas 3,0 % pour 2026. Les perspectives sont encore plus préoccupantes à moyen terme : 2,9 % en 2030, le niveau le plus faible depuis le sommet de Pittsburgh en 2009.
Par ailleurs, comme on le sait, les États-Unis ont enchaîné plusieurs vagues de hausses tarifaires en 2025, avec d’abord une surtaxe de 10 % sur les importations chinoises annoncée le 4 février, puis de nouvelles restrictions visant le Canada, la Chine et le Mexique le 4 mars, suivies d’une augmentation généralisée des droits de douane le 2 avril. Par la suite, un tarif de 40 % a été imposé au Brésil le 6 août, avant que de nouveaux droits soient appliqués à l’Inde le 27 août. Un graphique du rapport met en évidence le lien entre ces annonces et l’incertitude économique : les indicateurs de volatilité des marchés ont, selon les périodes, doublé voire triplé par rapport à leur niveau de début d’année et restent, à l’heure actuelle, sur ces pics.
Le vieillissement des populations, une préoccupation majeure
La démographie joue également contre la croissance du groupe des Vingt. Le vieillissement de la population va devenir, d’ici quelques années, un problème général. Par exemple, au Japon, qui perd chaque année environ 500.000 habitants (ce qui signifie, entre autres, moins de travailleurs et beaucoup plus de dépenses sociales), il s’accompagne d’une baisse du PIB par habitant allant jusqu’à 0,6%. D’un côté, un peu partout la population active diminue, de l’autre l’immigration est désormais limitée dans de nombreux pays. D’un côté, des économies dont le dynamisme faiblit, de l’autre, un apport de main-d’œuvre essentiel mais parfois difficilement gérable. Et l’on peut prédire que les solutions ne seront pas simples à élaborer.
Inflation, dette et dépenses publiques : la pression monte
L’inflation mondiale devrait retomber à 4,2 % en 2025, tandis que celle du G20 restera légèrement inférieure, à 3,5 %. Toutefois, selon le rapport, la désinflation reste incomplète et elle pourrait même reprendre la courbe ascendante en fonction de la hauteur des tarifs douaniers. Aux États-Unis, les tarifs élevés continuent d’alimenter la hausse des prix, repoussant le retour à l’objectif d’inflation de 2 % à 2027 au lieu de 2025.
Le volet budgétaire est plus inquiétant encore. Beaucoup d’économies du G20 continuent de mener des politiques expansionnistes (fortes dépenses publiques), malgré une dette publique élevée, des taux d’intérêt plus forts et des perspectives de croissance affaiblies par rapport à la période pré-Covid. Le rapport prévient que sans consolidation, plusieurs trajectoires nationales pourraient devenir alarmantes d’ici la fin de la décennie.
Résultat ? Le rapport nous explique que les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Dans l’UE, les engagements militaires visent désormais 5 % du PIB d’ici 2035, tandis que les dépenses de santé explosent dans les pays vieillissants. Il faudra choisir entre dépenses sociales et fonctions régaliennes.
L’ouverture et les réformes libérales comme seul moteur crédible
Les restrictions commerciales et les politiques industrielles ont provoqué un mouvement d’« import frontloading » (anticipation de nouveaux tarifs douaniers), illustrant les distorsions liées à l’interventionnisme. Comme le souligne le rapport, la fragmentation géoéconomique, les tensions commerciales et l’orientation vers des politiques commerciales et industrielles interventionnistes pourraient encore affaiblir l’intégration mondiale, freiner le commerce et accroître la volatilité des positions extérieures.
La plupart des recommandations de réformes du rapport convergent dans une direction plutôt libérale : assouplissement de la réglementation des marchés de produits, réduction des exigences administratives pour les entreprises, réduction du poids fiscal sur le travail et, bien évidemment, libéralisation des échanges.
Contrepoints se bat depuis des années en faveur de ces idées, et notamment du libre-échange. Une étude récente sur ce sujet, menée par Régis Barnichon et Aayush Singh (deux chercheurs de la Federal Reserve Bank of San Francisco), vient appuyer notre argumentaire. Cette analyse historique couvrant plus de 150 ans de politiques tarifaires aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni notamment, prouve que chaque hausse de droits de douane affaiblit l’économie et augmente le chômage. Plus récemment, une étude de Contrepoints a montré que les tarifs douaniers de Donald Trump, malgré tout le bien qu’il en dit, sont nocifs pour l’économie : l’indice des prix à la production (IPP) a augmenté de 0,9 % en juillet sur un mois et de 3,3 % sur l’année écoulée, sans compter les licenciements massifs, etc. Ces exemples mettent en lumière le fait que les tarifs douaniers ne feront gagner ni ceux qui les subissent, ni ceux qui les instaurent.
Sans ouverture, sans concurrence et sans réformes libérales, les économies du G20 resteront enfermées dans une croissance faible et sujette à l’instabilité.
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