L’impact de l’immigration sur le système éducatif français
Le 27 novembre, l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID) a publié une note intitulée L’impact de l’immigration sur le système éducatif français. Elle confirme la réalité suivante : loin d’être un terrain neutre, l’école est directement affectée par l’évolution démographique, en particulier par la hausse continue de la part d’élèves issus de l’immigration dans certains territoires. Selon l’OID, ces élèves sont fortement concentrés dans quelques académies (Aix-Marseille, Paris, Créteil, Guyane…). Cette concentration structure les conditions d’enseignement et, in fine, les résultats scolaires.
Non seulement le nombre d’élèves allophones nouvellement arrivés (EANA) a augmenté de 153 % depuis 2007-2008, mais en plus de cela, près d’un sur cinq n’a jamais été scolarisé avant son arrivée en France. Ce n’est pas tout : sur les vingt dernières années, les élèves nés de deux parents immigrés (toutes origines confondues) présentent un déficit de performance significatif par rapport aux natifs : ils redoublent davantage, accèdent moins au baccalauréat et sortent plus souvent non diplômés du système scolaire. L’OID note que ce déficit demeure même à niveau socio-économique équivalent, avec 17 points d’écart en mathématiques entre un autochtone (ni immigré, ni enfant d’immigré) et un élève immigré.
La note souligne également un élément souvent passé sous silence : la France accueille une immigration relativement moins qualifiée que celle des autres pays de l’OCDE. Les chiffres de l’Insee montrent que 34,7 % des immigrés n’ont aucun diplôme ou seulement un brevet/CEP, contre 13,2 % des Français sans ascendance migratoire. On apprend aussi, grâce aux données d’Eurostat, que seulement 43 % des immigrés extra-européens arrivés en France ces cinq dernières années occupaient un emploi en 2023 – soit l’un des taux les plus faibles d’Europe.
Enfin, l’OID aborde la montée des tensions liées à l’islamisme à l’école, qui touche une partie des élèves. Il se fonde sur des sondages Ifop qui ont révélé, notamment, que 38 % des musulmans scolarisés en France refusaient de « condamner totalement » l’assassinat du professeur de français Dominique Bernard par un islamiste – contre 9 % de l’ensemble des élèves, ou encore que 72 % des élèves musulmans déclaraient qu’ils n’accepteraient pas de nouer certaines relations avec des camarades juifs affichant leur soutien à Israël (contre 37 % des élèves en général) ; et que 46 % reconnaissaient avoir déjà approuvé des violences physiques envers un élève parce qu’il était juif (contre 26 %).
La note de l’OID met en évidence plusieurs tendances : une recomposition rapide du public scolaire, un écart persistant de performances malgré les corrections socio-économiques, et des difficultés d’intégration qui se prolongent jusqu’à la sortie du système éducatif. Autant d’éléments qui rappellent que le débat sur l’école ne peut ignorer la dimension démographique, essentielle à la compréhension des fragilités du système français.
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