Mercosur : l’Assemblée nationale tourne une nouvelle fois le dos aux opportunités pour la France
Le 27 novembre 2025, La France insoumise (LFI), conduite par Mathilde Panot, a fait adopter à l’Assemblée nationale une proposition de résolution invitant le Gouvernement français à s’opposer à l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et le Mercosur. Sur 245 députés présents, 244 ont soutenu le texte, une élue ayant expliqué avoir « voté par erreur » le « non », ce qui rend l’adoption de la résolution totalement unanime. L’accord UE-Mercosur doit encore faire l’objet de négociations au niveau européen durant le mois de décembre.
La proposition de résolution rappelle que cet accord concernerait près de 800 millions de consommateurs à l’échelle mondiale, « couvrant entre 40 milliards d’euros et 45 milliards d’euros d’exportations et d’importations ». Grâce à ce dispositif, les entreprises européennes disposeraient d’un accès à de nouveaux marchés, en bénéficiant d’un approvisionnement facilité en matières premières ou denrées venues d’Amérique du Sud.
Pourtant, LFI, fidèle à ses réflexes socialo-étatistes, expose pourquoi un tel accord serait néfaste. « Pression significative sur les prix et les débouchés des exploitations françaises », menace d’« accroissement des surfaces destinées aux productions d’exploitation […] au détriment des forêts ainsi que des écosystèmes », ou encore la « difficulté à rivaliser avec de grandes exploitations sud‑américaines dont les coûts de production reflètent des cadres réglementaires sociaux, sanitaires et environnementaux bien moins contraignants que ceux en vigueur dans l’Union européenne ». Dans ce cas, pourquoi ne pas commencer par regarder directement chez nous et contester la lourdeur administrative qui accable nos agriculteurs (en particulier la PAC) plutôt que de vouloir maintenir ces derniers dans un carcan qui les étouffe ?
Les exportations agroalimentaires française ne représentent que 5 % du total des exportations de l’UE vers le Mercosur, soit 272 millions d’euros en 2024. À l’heure actuelle, il y a des tarifs Mercosur qui atteignent 55 % sur les produits agroalimentaires. Dans le cadre de l’accord UE-Mercosur, ces taxes seront fortement abaissées, jusqu’à zéro pour certaines. Plus généralement, plus de 4 600 entreprises françaises exportent vers le Mercosur, et 79 % d’entre elles sont des PME.
Le déficit de l’Union européenne vis‑à‑vis du Mercosur dans le secteur agroalimentaire est indéniable. Mais, si nous offrions d’abord davantage de liberté à nos talentueux agriculteurs, ils retrouveraient de l’espoir et leur productivité pourrait augmenter considérablement. Ils seraient alors capables non seulement de résister à l’afflux de produits sud-américains, mais aussi de tirer parti du libre-échange.
Lorenzo Delpech
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