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Anciens premiers ministres : la fin des privilèges ?

Depuis le 1er janvier 2026, les anciens premiers ministres et anciens ministres de l’Intérieur ne bénéficient plus d’avantages en nature à vie, tels qu’un véhicule avec chauffeur, un secrétariat ou une protection policière permanente. En septembre dernier, le premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé, sur X, que tous ces « moyens mis à disposition des anciens premiers ministres à vie le seront dorénavant pour une durée limitée ». Seuls ceux ayant quitté leurs fonctions depuis moins de deux ans, ou exposés à un risque avéré, pourront encore profiter d’un dispositif de sécurité, réévalué périodiquement.

Cette réforme, pressentie dès l’entrée en fonction de M. Lecornu, met (timidement) fin à des pratiques qui existaient depuis un décret du 22 octobre 1997 pas même publié au Journal officiel, et signé notamment par Jacques Chirac, ancien président de la République, et Lionel Jospin, premier ministre de l’époque.

Certes, le coût budgétaire est limité – un peu plus de 1,4 million d’euros en 2023, mais il s’agit ici d’une question de principe : rien ne justifie le fait que des responsabilités politiques temporaires ouvrent droit à des avantages durables, hors impératifs sécuritaires. En ce sens, la réforme ne va pas assez loin : la situation des anciens présidents de la République, par exemple, reste intacte. Ils continuent de bénéficier, après l’exercice de leur mandat, de collaborateurs permanents, d’une prise en charge de leur loyer, de leurs frais généraux de locaux meublés et équipés, de leurs frais de réception et de déplacement pour les activités liées à leur ancienne fonction, d’un véhicule avec chauffeurs, sans oublier une dotation annuelle de 65 000 € brut… En 2023, le coût estimé était de 718 450 € pour Nicolas Sarkozy et de 598 714 € pour François Hollande.

D’autres privilèges concernent les fonctionnaires de l’Assemblée nationale, comme l’IREF l’a démontré dans une étude (rémunérations, système de primes, prêts bonifiés…). Autant de dispositifs et de régimes d’exception qui sont difficilement conciliables avec les exigences de rigueur budgétaire, à l’heure où la France a l’un des taux de dépenses publiques parmi les plus élevés d’Europe (57,1 % du PIB en 2024, contre une moyenne de 49,6 % du PIB dans la zone euro).

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