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Manifestations en Iran : LFI n'est pas à une instrumentalisation près

Quand La France insoumise choisit ses combats, elle veille à désigner l’adversaire avec précision. En Iran, l’ennemi d’un peuple en lutte - réprimé dans le sang par le régime des mollahs - a donc d’abord été "la vie chère", "l’inflation" ou "le prix de l’électricité et du logement qui explosent". À croire que l’oracle Jean-Luc Mélenchon a été consulté jusqu’au Proche-Orient. Qu’il suffirait ainsi d’ingurgiter L’Ère du peuple (2014), sacro-sainte Bible du mouvement rédigée par son créateur, applicable en France comme ailleurs, pour saisir les ressorts de la révolte en cours, si protéiforme soit-elle. Mais dans leur quête nombriliste d’identification de la première étape de la révolution citoyenne, les insoumis avancent par petite touche sur l’essentiel.

Les Iraniens sont victimes de la vie chère ; ils sont martyrs d’une théocratie islamiste, misogyne, thanatocrate. Tout juste les députés LFI concèdent-ils au peuple soulevé de se battre pour ses "droits". Est-ce, comme le dit Manon Aubry, pour "ne pas jeter l’opprobre sur l’ensemble des musulmans du monde entier", qu’ils nomment si mal les choses ? Ou parce que les manifestations seraient soutenues, voire téléguidées par le Mossad, ainsi que le juge Mélenchon ? Le leader insoumis n’est pourtant pas Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault : lui n’a jamais été de cette gauche fascinée par l’arrivée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeyni en 1979 - et souhaite même la chute du régime. Quel dommage de donner aux adversaires l’opportunité de dire l’inverse.

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