World News

Ségolène Royal dévoile sa stratégie pour normaliser les relations France–Algérie

Un mois après avoir succédé à Arnaud Montebourg à la tête de l’Association France–Algérie, Ségolène Royal s’est exprimée, le 17 janvier, pour la première fois dans ce nouveau rôle à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), à Paris, lors de l’événement intitulé « Demain, la France et l’Algérie ».

Dans un contexte marqué par une crise inédite des relations franco-algériennes depuis juillet 2024, l’ancienne candidate à la présidentielle française de 2007 a affiché sa volonté de « mettre fin durablement » aux tensions diplomatiques, en misant sur un règlement profond des dossiers historiques.

La mémoire au centre du processus de réconciliation

Premier pilier de son plan : la reconnaissance des crimes liés à la colonisation. Ségolène Royal a rejeté le concept de « rente mémorielle », souvent utilisé dans le débat politique français. « La mémoire des violences coloniales n’est ni un calcul ni un intérêt politique. C’est un droit fondamental de reconnaissance », a-t-elle déclaré.

Selon elle, certaines blessures n’ont jamais été pleinement reconnues ni réparées par la France. Elle estime que seule une démarche officielle de reconnaissance et d’excuses peut permettre une véritable réconciliation entre les deux peuples.

Restitution des biens culturels : « Il faut tout rendre »

Deuxième axe majeur : la restitution des biens culturels algériens conservés en France. La présidente de l’AFA a appelé à une accélération des procédures. « La première réparation, la première excuse, c’est la restitution des biens culturels et des archives », a-t-elle affirmé.

Elle a notamment évoqué le cas des objets appartenant à l’Émir Abdelkader, figure emblématique de la résistance algérienne au XIXᵉ siècle, dont plusieurs pièces sont actuellement exposées au musée Condé du château de Chantilly. Ségolène Royal a assuré avoir déjà engagé des démarches auprès des institutions concernées afin de faciliter leur retour en Algérie.

Parmi les dossiers sensibles relancés figure celui du canon Baba Merzoug, actuellement conservé à Brest. La présidente de l’AFA a indiqué vouloir intervenir directement auprès des autorités locales pour accélérer sa restitution. Elle s’est également engagée à poursuivre le processus de rapatriement des dépouilles et crânes de résistants algériens, un sujet symboliquement fort dans la relation bilatérale.

Essais nucléaires : transparence et réparation environnementale

Troisième volet du plan : la transmission complète des archives françaises concernant les essais nucléaires menés dans le Sahara algérien dans les années 1960. Ségolène Royal a insisté sur la nécessité d’évaluer précisément les conséquences sanitaires et environnementales de ces expérimentations, ainsi que sur les opérations de dépollution toujours en cours.

Elle y voit aussi une opportunité de coopération économique entre la France et l’Algérie, notamment dans les domaines de l’énergie et de la transition écologique.

Читайте на сайте