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Le Premier ministre écrit aux patrons pour leur dire qu’il ne tiendra pas ses promesses

Sébastien Lecornu, après avoir juré de ne jamais le faire, va donc utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire voter son budget 2026. Il avait aussi promis aux patrons qu’il baisserait la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et qu’il diviserait par deux la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Promesses qui ne seront pas tenues.

Il a donc écrit aux organisations patronales pour leur expliquer ce revirement. Ce sont Les Échos qui ont révélé l’existence de ce courrier de trois pages, envoyé dimanche 18 janvier 2026.

Bien sûr, le Premier ministre ne dit jamais, dans sa missive, qu’il a reculé. Au contraire, il se félicite de « la stabilité des règles fiscales » : « Il n’y a pas de modification des dispositifs existants, pas de remise en cause des équilibres connus, pas d’instabilité normative ». C’est une façon élégante de dire que les impôts ne baisseront pas en 2026.

C’est aussi un mensonge éhonté puisque le projet de budget prévoit un renforcement de la lutte contre les pratiques de suroptimisation fiscale, les assimilant pratiquement à de la fraude, et une restriction de l’usage du pacte Dutreil « en empêchant qu’y soient logés des biens somptuaires qui n’ont rien à y faire ». Pour Les Échos, « le rabot avoisinerait les 200 millions d’euros ». Les holdings qui ont les mêmes pratiques seront également visés, précise le quotidien économique.

Au passage, Sébastien Lecornu a même le culot de remercier les entreprises pour « leur patriotisme économique ». L’argent qu’il leur prend – 8 milliards d’euros (Md€) pour la seule surtaxe sur les bénéfices – sera bien dépensé puisqu’il « contribuera directement au financement de l’accélération de notre trajectoire de défense ». En réalité, il servira à financer les mesures exigées par les socialistes : augmentation de la prime d’activité, repas à un euro au restaurant universitaire, augmentation de 400 millions d’euros des moyens des bailleurs sociaux, maintien de MaPrimeRénov’, augmentation du fonds vert pour engager des projets à l’échelle locale, etc.

Le premier ministre ose même écrire que « Ce budget est bon pour l’économie » et qu’il permettra de réduire le déficit « à 5 % du PIB, sans casser la cohésion sociale, ni la croissance ».

Après le vote d’Emmanuel Macron contre le traité de libre-échange avec le Mercosur, pourtant favorable à nos entreprises exportatrices, ce budget montre que la politique « pro business » de 2017 – en aucun cas une politique de l’offre – a bel et bien été abandonnée. C’est un mauvais coup contre les entreprises alors que la menace de nouveaux droits de douane américains plane, et que les défaillances sont au plus haut.

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