Incendie de Crans-Montana : Meloni outrée par la libération sous caution du propriétaire du bar
La réaction de Rome ne s’est pas fait attendre. Le 23 janvier, la présidente du Conseil des ministres d’Italie, Giorgia Meloni, s’est dite « indignée » après la remise en liberté de Jacques Moretti, propriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana, théâtre d’un incendie dramatique lors du Nouvel An. « Je considère cela comme une insulte à la mémoire des victimes et à leurs familles endeuillées », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
Sono indignata dalla notizia della scarcerazione di Jacques Moretti, proprietario del locale Le Constellation di Crans-Montana. La considero un oltraggio alla memoria delle vittime della tragedia di Capodanno e un insulto alle loro famiglie, che stanno soffrendo per la scomparsa…
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) January 23, 2026
Âgé de 49 ans et d’origine corse, Jacques Moretti est mis en cause aux côtés de son épouse dans l’enquête ouverte par la justice suisse. Placé en détention provisoire le 9 janvier, il a été libéré après le versement d’une caution de 200 000 francs suisses, réglée par un proche. Le tribunal lui a imposé des « mesures de substitution » similaires à celles prononcées à l’encontre de son épouse, destinées à limiter le risque de fuite.
Face à cette décision, Giorgia Meloni a assuré que son gouvernement « exigera une explication des autorités suisses concernant ce qu’il s’est passé ». Plus tôt dans la soirée, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, avait déjà fait part de sa stupeur, évoquant « un véritable affront aux sentiments des familles qui ont perdu leurs enfants ».
Colère et incompréhension des familles
L’indignation est également vive du côté des proches des victimes. Avant même l’incarcération provisoire du propriétaire de l’établissement, plusieurs avocats avaient alerté sur les risques de collusion ou de fuite. Après l’annonce de sa libération, ces inquiétudes ont été ravivées.
« C’est un scandale et une honte à l’égard des victimes et de leurs familles », a déclaré à l’AFP Me Jean-Luc Addor, représentant les proches d’un adolescent décédé. Me Christophe De Galembert, avocat du père d’un autre jeune victime, a qualifié la décision d’« inattendue et particulièrement sidérante », rappelant que « des soupçons très graves pèsent sur Jacques Moretti ». Il évoque notamment un risque de fuite vers la France, en particulier vers la Corse, ainsi qu’un possible risque de collusion entre les prévenus.
Me Romain Jordan, qui défend plusieurs familles, a également regretté l’absence de prise en compte de ces éléments, déplorant « une nouvelle fois » le manque de considération pour le risque de disparition de preuves.