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Donald Trump - Emmanuel Macron : le bras de fer entre le "tyran de cour d’école" et "sa cible préférée" vu de l’étranger

C'est une "relation tumultueuse, marquée par des hauts et des bas depuis des années", décrit le New York Times, à propos des présidents français et américain. Depuis la publication d'un SMS envoyé par Emmanuel Macron à Donald Trump le 19 janvier, dans lequel le premier confie au second ne pas comprendre "ce qu'il fait au Groenland", "la tension entre la France et les Etats-Unis […] augmente de jour en jour", appuie le quotidien espagnol El País. Peu avant la publication de ce message, dont l'authenticité a été confirmée par l'entourage du président français, le locataire de la Maison-Blanche avait en effet menacé d'imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et les champagnes français, une mesure supposément destinée à convaincre Emmanuel Macron de rejoindre le "Conseil de la paix" dont il était à l'initiative.

Depuis leur arrivée au pouvoir à quelques mois d'intervalle en 2017, les deux hommes ont néanmoins connu de fréquents désaccords, "exacerbés, du côté de Trump, par des insultes, des menaces et des railleries publiques", poursuit le quotidien américain. Le journal donne l'exemple de ce jour où Emmanuel Macron avait jugé que l’Otan était en état de "mort cérébrale", dans un entretien à l’hebdomadaire anglais The Economist, en 2019. En retour, Donald Trump avait qualifié cette remarque de "très odieuse", affirmant qu'elle était "très dangereuse" pour la France. Autre cas plus récent : en juin dernier, lorsque Emmanuel Macron avait révélé que Donald Trump avait quitté prématurément un sommet du G7 pour travailler sur un cessez-le-feu irano-israélien, le président américain s'était emporté sur les réseaux sociaux. "Que ce soit intentionnel ou non, Emmanuel se trompe toujours", écrivait-il.

Emmanuel Macron "a essayé de faire le dur à cuire"

Pour Le Temps, Donald Trump a un "véritable comportement de tyran de cour d’école", et son homologue français est "devenu sa cible préférée malgré leur prétendue amitié". Une référence aux formules polies que s'adressent régulièrement les deux présidents - "mon ami", un "chic type que j’aime beaucoup" -, encore exprimées ce mercredi 21 janvier, au forum de Davos. "J’ai écouté le discours [de Macron] avec ses très belles lunettes de soleil. (...) Il a essayé de faire le dur à cuire", a jugé le locataire de la Maison-Blanche, tout en assurant "aimer beaucoup" Emmanuel Macron. Selon le quotidien suisse, l'illusion de cette "bromance" ne tient cependant plus. "Les faits imposent désormais l’évidence que ce petit jeu s’est fait aux dépens du Français. [C'est] une mauvaise nouvelle pour tous les Européens", annonce le média.

Il faut dire qu'Emmanuel Macron a "longtemps été identifié comme le bad cop de la diplomatie européenne", le président français cherchant coûte que coûte à "favoriser son industrie militaire dans l’effort de réarmement européen", écrit encore le quotidien. Quoi qu'il en soit, "l'époque faste" où les couples Trump et Macron avaient dîné ensemble à la tour Eiffel le 14 juillet 2017, après que le président américain a été l'invité d'honneur du défilé militaire, est "révolue", analyse également CNN. Lundi, lorsqu'un journaliste a demandé à Donald Trump sa réaction au refus d'Emmanuel Macron de siéger à son "Conseil de la Paix", ce dernier a "immédiatement porté un coup bas", rappelle le média américain. "Et bien, personne ne veut de lui, parce qu'il va bientôt quitter ses fonctions", a en effet déclaré le président américain.

Des points de vue opposés

"Sur le papier, Macron et Trump semblaient voués à s'affronter, compte tenu de leurs points de vue opposés sur le commerce, l'immigration et le changement climatique", résume le New York Times. Tout en rappelant que malgré leurs désaccords, les dirigeants ont toujours continué à dialoguer, du fait de leurs deux points communs : "Tous deux aiment beaucoup parler et tous deux ont bâti leur politique étrangère sur des relations directes et personnelles avec d'autres dirigeants", développe le journal.

D'ailleurs, la proposition de dîner qu'Emmanuel Macron a adressé à Trump dans son SMS pour aborder la situation au Groenland "pourrait être un moyen de gagner le cœur de Trump", car "les Européens ont remarqué que le faste et les cérémonies mettent le président américain de bonne humeur", décortique Politico. Dans une analyse qui pourrait prêter à sourire, le média américain affirme qu'Emmanuel Macron a développé "un don pour la diplomatie du dîner", ayant par exemple invité à plusieurs reprises le président hongrois Viktor Orban à dîner à Paris, dans le but d'aplanir les différends. "Les résultats, cependant, sont mitigés", conclut Politico.

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