OL – PAOK vers un report ?
Le football passe brutalement au second plan. Alors que l’Olympique de Lyonnais se prépare à recevoir le PAOK Salonique ce jeudi pour la dernière journée de la phase de ligue de Ligue Europa, une terrible nouvelle a glacé l’atmosphère. Sept supporters grecs, partis d’Alexandreia pour rejoindre le Groupama Stadium, ont trouvé la mort dans un effroyable accident de la route en Roumanie. Leur minibus, percuté par un poids lourd sur la nationale DN6 près de Lugoj, a été littéralement broyé, laissant également deux survivants dans un état critique. Face à l’ampleur du drame humain, une question légitime se pose : la rencontre peut-elle se tenir comme si de rien n’était ?
Ce que dit le règlement UEFA
Si l’émotion commande un report, le règlement, lui, est froid et pragmatique. Les textes de l’UEFA prévoient des reports en cas de « force majeure », généralement définie comme une impossibilité matérielle d’organiser la rencontre (intempéries, stade impraticable, grèves des transports) ou un risque sécuritaire majeur sur le lieu de l’événement (attentat, émeutes locales). L’accident s’étant produit à des milliers de kilomètres de Lyon, sans impacter la logistique du stade ou la sécurité locale, il n’entre pas juridiquement dans les cases d’un report automatique. L’instance européenne a historiquement privilégié la continuité de la compétition, même après des drames impliquant des supporters.
Sur le terrain, la préfecture du Rhône est déjà en ordre de bataille. Ce match, classé à « hauts risques » (niveau 4 sur 5) en raison du passif des supporters grecs et de leurs alliances ultras, fait l’objet d’un dispositif policier massif. Annuler ou reporter la rencontre à 48 heures du coup d’envoi poserait des problèmes logistiques et sécuritaires immenses, notamment pour gérer les milliers d’autres supporters déjà présents ou en route. Les autorités sont dans une logique de « sécuriser » plutôt que d’annuler.
« The show must go on » ?
Le scénario le plus probable reste donc le maintien du match, mais dans une ambiance lourde. On se dirige vers un protocole mémoriel renforcé : minute de silence, brassards noirs et hommages en tribunes. C’est un équilibre précaire entre le respect du deuil d’un club passionné, dont la communauté est dévastée, et les impératifs d’un calendrier surchargé. Le PAOK, actuellement 12e, joue sa qualification directe pour les huitièmes, tandis que l’OL veut conserver sa première place.
C’est toute la cruauté du football moderne. Alors que sept passionnés ont perdu la vie pour l’amour de leurs couleurs, le spectacle devrait continuer. La demande morale d’un report, qui pourrait émaner du club grec ou des groupes de supporters, risque de se heurter au mur du réalisme de l’UEFA. Jeudi soir, le Groupama Stadium sera le théâtre d’un match de football, mais les pensées seront inévitablement tournées vers cette route de Roumanie où la fête s’est tragiquement arrêtée.