L’affaire Epstein, Jack Lang et sa fille
Cela fait plusieurs années qu’on parle du fameux « dossier Epstein », du nom du pédocriminel américain mort en 2019, qui contiendrait les noms de grands de ce monde. Cette affaire a été utilisée aux Etats-Unis autant par les démocrates, qui ont accusé Donald Trump d’être impliqué dans les sordides combines d’Epstein, que par les républicains, trop heureux de pointer plusieurs de leurs adversaires politiques qui auraient côtoyé le criminel. Pour le moment, il ne s’agit que de rumeurs et, comme l’écrit le Wall Street Journal, si Trump avait vraiment été impliqué dans des affaires de prostitution, pourquoi le scandale n’est-il pas sorti sous la présidence de Biden et avant les élections de 2024 ? Ce qui est sûr en revanche, c’est que le ministère de la Justice a publié plus de 800 000 documents (mails, lettre, notes, etc.) relatifs à Epstein et que de nombreuses célébrités y apparaissent, parmi lesquelles Elon Musk, Howard Lutnick, Steve Tisch, Bill Gates, Sergey Brin, Richard Branson, Melania Trump… Ce qui n’autorise pour autant personne à les accuser de quoi que ce soit. Epstein fréquentait une foule d’éminents personnages et son carnet d’adresse était bien garni.
Dans ces dossiers apparaît aussi le nom de l’ancien ministre et actuel président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang et celui de sa fille, Caroline, laquelle avait fondé en 2016 une société offshore avec Jeffrey Epstein, Prytance LLC. Domiciliée aux îles Vierges américaines, immatriculée à Saint-Thomas, elle avait pour objet l’achat d’œuvres d’art et ses comptes ont été crédités de 1,4 million de dollars. Caroline Lang figure aussi sur un testament financier signé par Jeffrey Epstein deux jours avant sa mort, lui promettant 5 millions de dollars, une somme dont elle affirme avoir ignoré l’existence, ayant demandé la liquidation de la société commune après le suicide du financier.
Rien ne prouve que Jack Lang et sa fille étaient mêlés aux activités de prostitution de mineures d’Epstein, mais évidemment, depuis le scandale, tous ceux qui l’ont approché se retrouvent dans une position délicate. Et particulièrement pour un homme de gauche en vue, cette gauche qui ne cesse de donner des leçons de morale à tous. L’ancien ministre socialiste, celui qui avait dit en mai 1981, après l’élection de Mitterrand, que « La France passe de l’ombre à la lumière » vient de déclarer « assumer pleinement les liens » qu’il a pu avoir avec le milliardaire pédocriminel. Sa fille, elle, a annoncé qu’elle démissionnait de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante.
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