SailGP. DS Automobiles SailGP Team France manquera le GP de Sydney
Après l’accident dramatique d’Auckland l’équipe DS Automobiles SailGP Team France ne pourra pas être présent au Grand Prix de Sydney. Manon Audinet est toujours en observation à l’hôpital à Auckland. Echanges avec Philippe Presti, Quentin Delapierre et Stephan Kandler.
À la suite de l’accident survenu lors de la troisième course du Sail Grand Prix d’Auckland, le DS Automobiles SailGP Team France fait un point de situation sur l’état de ses athlètes et les conséquences sportives et techniques. En raison des dommages majeurs subis par le F50 tricolore, l’équipe ne pourra pas participer sportivement à l’événement de Sydney.
État de santé de l’équipe
Manon Audinet est actuellement hospitalisée à Auckland. Elle présente plusieurs contusions au niveau de la région abdominale, sans gravité majeure. Par mesure de précaution, les médecins ont décidé de poursuivre la surveillance encore quelques jours. Le reste de l’équipage français va bien, malgré quelques blessures légères liées à la violence du choc. « C’était comme un accident de voiture. L’équipe a mis en place une cellule psychologique pour s’assurer qu’il n’y ait pas de séquelles mentales après cela. J’ai échangé avec l’équipe, il n’y a pas de problème, mais il faut rester vigilant après un choc comme celui-là. » déclare Quentin. La priorité absolue demeure la santé des athlètes. Manon est toujours en observation à l’hôpital d’Auckland. Elle était sous le vent pendant la phase de départ pour avoir un meilleur point de vue. Au moment de l’impact, elle s’est couchée dans le cockpit et a traversé la barre. Le marin Néo-Zélandais Louis Sinclair a été opéré quant à lui d’une fracture à une jambe.
Situation sportive
Le jury a exonéré le DS Automobiles SailGP Team France de toute responsabilité dans l’incident. L’équipe néo-zélandaise écope de huit points de pénalité. À l’issue de cette compétition à Auckland, l’équipe française se place néanmoins sur le podium du classement général provisoire du championnat. Compte tenu de l’état du F50 tricolore, SailGP n’est pas en mesure de réparer le bateau dans le délai imparti pour l’événement de Sydney. Le DS Automobiles SailGP Team France ne pourra donc pas y participer. Le règlement de SailGP prévoit néanmoins des mécanismes de compensation dans certaines situations exceptionnelles. Des discussions vont désormais s’engager avec la ligue. L’équipe communiquera lorsque ces échanges auront abouti.
Les causes de l’accident. Philippe Presti, Team Manager – DS Automobiles SailGP Team France : « Des études sont en cours. C’est clairement un mélange de perte de contrôle en vol. Il y a des pistes à explorer. Le vol a été trop haut, le bateau est parti sur le côté et l’équipage n’a pas réussi à remettre le foil dans l’eau. Le bateau partait de travers. C’est arrivé au bateau italien le lendemain. Je ne sais pas si c’est une faute du contrôleur de vol. Le vol, c’est un mélange de réglages de voile, de foil et de safran. C’est une question de coordination. Le système n’a pas permis de regagner le contrôle du bateau.«
État du F50
Les dommages sur le F50 sont majeurs. La coque est sévèrement touchée, l’étrave désolidarisée, le cockpit endommagé ainsi que le foil bâbord. L’ensemble de la structure et l’aile feront l’objet d’analyses approfondies, incluant des inspections techniques destinées à identifier d’éventuelles fragilités non visibles à l’œil nu. Les solutions techniques pour la réparation du bateau sont actuellement à l’étude par SailGP mais le DS Automobiles SailGP Team France sera présent au Sail Grand Prix de Rio.
Stéphane Kandler, CEO – K-Challenge : « Cet incident a été un choc pour l’ensemble de l’équipe, mais tout particulièrement pour l’équipage, qui a montré beaucoup de sang froid permettant d’éviter le pire. Il faut remercier tous ceux qui sont intervenus très rapidement et efficacement pour les secours. SailGP est un circuit très jeune et de plus en plus exigeant.. Comme dans tous les sports mécaniques de haute vitesse ce genre d’incident doit permettre de continuer à faire progresser la sécurité. Nous tenons également à remercier l’ensemble de nos partenaires pour leur soutien total dans cette épreuve. Leur confiance et leur engagement à nos côtés renforcent notre détermination à revenir plus forts. »
« C’est l’accident le plus grave qu’ait connu le SailGP, avec un tel niveau de destruction et deux bateaux hors service. Tout le monde travaille pour trouver des solutions afin d’améliorer la sécurité. Nous ne sommes pas fautifs dans ce qu’il s’est passé. Il faut saluer le réflexe de Quentin, qui a fait preuve de beaucoup de sang-froid. Nous sommes très contents que cela n’ait pas été plus grave. C’est un sport mécanique, il y a des risques. Une course de SailGP, c’est un peu une arène de gladiateurs. Depuis San Francisco, où il y a eu le premier accident mortel, la sécurité sur les bateaux à foils et celle des navigants ont été améliorées. Faire deux flottes est peut-être une des solutions, selon les conditions météorologiques.«
Quentin Delapierre » La sécurité est un problème complexe. Le split fleet est une des solutions, puisque nous faisons toutes les régates d’entraînement en split fleet depuis la saison 5. Dimanche, cela a été possible de le faire. Beaucoup de choses sont mises en place par SailGP pour améliorer la sécurité. C’est en constante évolution. À bord, depuis l’accident de Sassnitz, nous avons intégré un « face mask », qui a été accepté par SailGP. Après cet accident, nous avons constaté des blessures que nous n’avions jamais vues auparavant. Il faudra trouver des solutions. Est-ce que nous serons dans des baquets demain ? Je ne sais pas. En tout cas, cet accident ne me fera pas renoncer. Je n’ai jamais eu peur en SailGP. »
Philippe Presti, Team Manager – DS Automobiles SailGP Team France : « Malgré ce coup d’arrêt, la dynamique de l’équipe reste très positive. Notre début de saison 2026 est solide et, à Auckland, nous avons clairement franchi un cap en termes de performance en évoluant en tête de flotte. La nouvelle configuration de l’équipage fonctionne, et les process que nous avons mis en place portent leurs fruits. Le travail réalisé ces derniers mois se traduit concrètement sur l’eau.
Évidemment, nos premières pensées vont à Manon. La voir blessée nous touche tous profondément, mais nous savons aussi pouvoir compter sur sa force de caractère. Le groupe est uni et résilient. Nous allons analyser, apprendre et revenir encore plus forts. Nous ne doutons pas de notre capacité à rebondir. La saison est longue et nous restons pleinement mobilisés pour atteindre nos objectifs. »
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