Scandale Paris Habitat : quand l’opacité publique pourrait coûter cher aux Parisiens
Une enquête explosive du Parisien révèle des pratiques douteuses qui gangrèneraient Paris Habitat, le gérant de quelque 130 000 logements à Paris et en proche banlieue. Selon le quotidien, « les employés d’un prestataire et du premier bailleur social de France surfactureraient des travaux de rénovation ». Le préjudice pourrait se chiffrer à plusieurs centaines de milliers d’euros. Pour étayer ces révélations, Le Parisien cite un ancien employé de la société prestataire SMRD, affirmant que 50 % des bons de commande étaient gonflés.
Les syndicats avaient d’ailleurs alerté les élus dès 2025, dénonçant ces surfacturations ou encore des travaux jamais réalisés (sur les 5000 rénovations financées chaque année par Paris Habitat, seule une part infime ferait l’objet de contrôles). On pouvait dès lors soupçonner que ces pratiques irrégulières n’étaient pas inhabituelles.
Pourtant, ces avertissements seraient restés lettre morte. Plusieurs membres du conseil d’administration sont pointés du doigt, dont Eric Pliez, président du conseil et membre du Parti socialiste, Ian Brossat, membre du Parti communiste français, ainsi que Jérôme Coumet, également socialiste. Simple négligence ou silence volontaire ?
La Ville de Paris a depuis saisi le procureur de la République, et la maire Anne Hidalgo a dit vouloir faire la lumière sur ce que ses adjoints savaient ou auraient dû savoir. Paris Habitat conteste la portée des révélations, estimant que ses dispositifs de contrôle internes et externes sont solides et qu’ils n’ont jamais laissé place à des détournements massifs. Dans un communiqué de presse, l’office public « regrette qu’un sujet d’une telle gravité ait été construit selon une logique exclusivement à charge ».
Reste que cette affaire rappelle que la puissance d’un organisme public ne garantit ni son efficacité ni son intégrité. Lorsque les structures grossissent, lorsque les responsabilités se diluent, le risque de dérive augmente. L’enquête est désormais entre les mains de la justice. En attendant, ce sont les contribuables ainsi que les locataires qui pourraient, in fine, payer le prix de ces dysfonctionnements. A suivre…
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