Les pays du Golfe face à un choix: maintenir un canal de dialogue avec l'Iran ou renforcer leur alignement sur Washington
La sidération a rapidement laissé place à la colère dans les capitales du Golfe. Depuis le 28 février, l'Iran multiplie les frappes en représailles à l'offensive israélo-américaine qui a visé son territoire et entraîné la mort d'Ali Khamenei. Réunis en urgence, les États du Conseil de coopération du Golfe ont constaté une violation de leur souveraineté et affirmé qu'ils prendraient « toutes les mesures nécessaires » pour protéger leurs territoires et leurs populations.
Émirats arabes unis ????????
— Cartes du Monde (@CartesDuMonde) February 28, 2026
Confirmation visuelle d'une frappe Iranienne à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis. Téhéran riposte dans toutes les directions : Qatar, Bahreïn, Koweït, EAU. pic.twitter.com/8r1nC7QChj
Dans les faits, Téhéran prend pour cible majoritairement des installations militaires américaines déployées en Arabie saoudite, au Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Koweït et au Qatar. Mais certaines frappes ont également touché des infrastructures civiles et énergétiques, altérant l'image de stabilité que ces monarchies cultivent depuis des années. Les systèmes de défense aérienne et l'évacuation préalable de bases ont limité les pertes humaines, sans empêcher un choc psychologique profond.
Le choix cornélien du Golfe
Pour les monarchies du Golfe, le scénario redouté d'une régionalisation du conflit s'est matérialisé. Elles se retrouvent face à un choix délicat : maintenir un canal de dialogue avec l'Iran, malgré ses limites, ou renforcer leur alignement sécuritaire sur Washington, au risque d'exposer davantage leurs territoires. Téhéran a averti que toute base utilisée contre lui deviendrait une cible, tout en affirmant ne pas chercher l'affrontement direct avec ses voisins.
[ ???????? ARABIE SAOUDITE | ???????? IRAN ]
— Little Think Tank (@L_ThinkTank) March 2, 2026
???? Autre vidéo de l'attaque iranienne sur une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco à Ras Tanura. https://t.co/9eha7QvHuFpic.twitter.com/IU7oelTPLX
En parallèle, des appels à la désescalade se font entendre, notamment depuis Oman, médiateur traditionnel. Les Européens du groupe E3 ont exprimé leur soutien sécuritaire à leurs alliés, tandis que l'administration américaine continue de durcir le ton. Les capitales du Golfe redoutent autant l'escalade que l'hypothèse d'un effondrement incontrôlé de l'Iran, qui pourrait déstabiliser durablement la région et les marchés énergétiques.
Ce moment révèle les limites du parapluie sécuritaire américain comme celles des tentatives récentes de rapprochement avec Téhéran. Pris entre solidarité stratégique et prudence régionale, les États du Golfe avancent sur une ligne de crête.