Grenoble: après sa défaite, Alain Carignon annonce sa retraite politique
"J'ai mis toute ma passion, mon énergie, mon engagement. J'ai tout donné à Grenoble jusqu'au bout de ce qui était possible de faire", a déclaré l'ancien maire de 77 ans qui a dirigé la ville de 1983 à 1994, lors d'une conférence de presse relayée sur les réseaux sociaux.
Déjà candidat malheureux en 2020, il a été battu dimanche soir par Laurence Ruffin, à la tête d'un collectif de partis écologistes et de gauche, qui a remporté 56,59% des voix, contre 43,41% pour M. Carignon.
"Je dis adieu à un mandat d'élu" a ajouté l'ancien ministre après avoir justifié sa décision en affirmant que l'opposition "aura besoin d'une nouvelle incarnation" pour les prochaines élections municipales en 2033 à Grenoble.
Alain Carignon s'était imposé en politique en 1984 en ravissant, à seulement 34 ans et à la surprise générale, la mairie de Grenoble au socialiste Hubert Dubedout.
Trois ans plus tard, il était entré au gouvernement d'abord en tant que ministre délégué chargé de l'Environnement sous le mandat de Jacques Chirac, puis comme ministre de la Communication en mars 1993 dans le gouvernement d'Edouard Balladur.
En 1996, Alain Carignon a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ferme, et cinq ans d'inéligibilité, pour "corruption" et "abus de biens sociaux" dans le dossier de la délégation de la gestion du service de l'eau.
Il purgera 29 mois de prison jusqu'à sa libération anticipée en 1998. Il est le premier ministre de la Vème République à avoir connu la détention et détient encore à ce jour le record de durée de détention pour un homme politique français.