Un couple de photographes parisiens, lauréat de la première résidence d’artistes du bocage bourbonnais
Avec 14.000 habitants répartis sur plus de 700 km2, la communauté de communes Bocage bourbonnais affronte des défis bien identifiés dans l’Allier : des patrimoines naturels et bâtis riches, mais un manque de moyen pour les faire vivre. Aussi, l’idée de créer une résidence d’artistes a-t-elle émergée en 2020, avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles, de l’Éducation nationale, etc.
Quatre ans plus tard, l’idée est devenue réalité. Les plasticiens documentaires Capucine Lageat et Antoine Perroteau viennent de passer cinq semaines dans le bocage, entre juin et septembre.Ce samedi matin, au plan d’eau de Saint-Plaisir, ce couple parisien exposera le fruit de son travail et de celui du public : des sérigraphies sur tissu accrochées aux arbres.
La haie et la forêt, qui couvrent 12 % de cette communauté de communes, étaient le thème de cette première résidence, thème choisi par les élus. « Nous avons candidaté à leur appel, car nous cherchions à expérimenter la sérigraphie à partir d’encres végétales. Nous leur avons proposé d’animer des cueillettes, des balades photographiques et des ateliers de sérigraphie », fait savoir Capucine.
Deux cueillettes ont eu lieu, avec des associations de marcheurs, à Autry-Issards et à Franchesse.À partir de millepertuis, de galle du chêne, de salicaire, de mûres et de sureau ou même de terre argileuse, le duo a créé un nuancier végétal des couleurs du bocage.
Processus de création participatifEnsuite, les sérigraphies ont été réalisées lors d’ateliers l’été avec le grand public, à Buxières-les-Mines et au plan d’eau de Vieure, et ce mois-ci auprès d’écoliers (à Tronget, Châtillon, Noyant-d’Allier et La Mothe à Saint-Menoux).« Nous avons imprimé nos photos, avec une imprimante standard, sur un film plastique transparent. Nous apposons ce film sur l’écran de sérigraphie que nous apprêtons d’une émulsion. Le soleil fixe l’image en négatif. Pour la dernière étape, on pose sous l’écran, le tissu, et sur l’écran, l’encre. On étale en appuyant pour recréer l’image sur le tissu », détaille Antoine Perroteau.
Les artistes sont plus que satisfaits de leur résidence, « le thème choisi par les élus intéressait les habitants, il n’y avait pas de décalage. On a pu toucher différents publics », analyse Capucine, qui précise qu’ils ont aussi animé des ateliers au foyer de vie de Ruzière, pour personnes handicapées, et à la mercerie La Merlette, à Bourbon-l’Archambault.
Ruzière, foyer de vie, à Bourbon-l'Archambault a 40 ans
Carnet de bord de cette résidence, un livret de 32 pages est édité par le duo. Il sera distribué demain, à Saint-Plaisir et accessible sur leur site internet (*).
Diplômés de l’École des Beaux-arts de Nantes en 2018, membres de l’agence photographique Hans Lucas, les deux artistes sont régulièrement sélectionnés pour des résidences, « trois ou quatre par an ». Cette année, sur leur carte figurent l’Allier, les Hautes-Pyrénées, la Moselle et la Roumanie, sur invitation de l’Institut français.« Les paysages de bocage sont devenus rares en France. Or cette image du passé apparaît comme une solution d’avenir. Nous aimerions revenir pour nous concentrer sur le travail d’agriculteurs. »
(*) capucine-plus-antoine.net
Rendez-vous : Ce samedi 28 septembre, au plan d’eau Le Monsiau à Saint-Plaisir.8h45-9h15 : Accueil - café puis départ pour une balade d’environ 3 km pour (re) découvrir le plan d’eau, ses aménagements et son sentier passerelle « Le plaisir des cimes ». Toute la matinée : Exposition à voir en pleine nature ; atelier d’initiation à la sérigraphie ; coin lecture avec une sélection sur le thème du paysage ; aire de jeux pour enfants.11h15 : Temps officiel d’inauguration de l’exposition.
Stéphanie Ména