Syrie: les civils autorisés à fuir les quartiers kurdes d'Alep avant de nouveaux bombardements
Dans le reste de la ville, les commerces, les universités et les écoles sont fermés pour le deuxième jour consécutif, selon les correspondants de l'AFP sur place.
Les affrontements qui ont éclaté mardi sont les plus graves dans la ville entre les autorités islamistes et les Kurdes, et ont fait 17 morts.
Ils surviennent alors que les deux parties peinent à appliquer un accord conclu en mars pour intégrer les institutions de l'administration autonome kurde au sein du nouvel Etat syrien.
Mercredi, des milliers de civils avaient déjà fui les deux quartiers kurdes de Cheikh Maqsoud et Achrafieh en empruntant deux "couloirs humanitaires" mis en place par l'armée, avant que ces zones soient pilonnées à l'artillerie.
Jeudi, les autorités ont de nouveau annoncé que les civils pourraient emprunter, entre 10h00 et 13h00 (07h00 GMT et 10H00 GMT) des couloirs sûrs pour sortir, l'armée prévenant qu'elle reprendrait le bombardement une demi-heure après l'expiration de ce délai.
Un responsable militaire sur place a affirmé à l'AFP mercredi que l'opération de l'armée était "limitée" et visait à "faire pression sur les combattants kurdes pour qu'ils quittent la région et que les autorités étendent leur contrôle sur l'ensemble de la ville".
A Qamishli, principale ville de la zone autonome kurde dans le nord-est de la Syrie, des centaines de personnes ont manifesté jeudi à l'appel des autorités locales pour protester contre ces violences, selon des correspondants de l'AFP.
"Non à la guerre", "Non à l'épuration ethnique", proclamaient les banderoles brandies par les manifestants.
"Nous appelons la communauté internationale à intervenir", a déclaré Salaheddine Cheikhmous, un manifestant de 61 ans.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé mercredi soir les parties à la "retenue" et à la reprise "rapide des négociations" pour la mise en oeuvre de l'accord de mars, par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric.
De son côté, le ministre israélien des Affaires étrangères a condamné les attaques "graves et dangereuses" contre la minorité kurde.
En juillet, Israël avait bombardé Damas lors de violences entre les autorités islamistes et les druzes dans le sud de la Syrie, affirmant vouloir protéger cette autre minorité.