La ligne arrière des Spurs dans le dur : Fox, Castle, Harper, alerte adressse
San Antonio s’incline 104-103 à Minnesota, au terme d’une rencontre qu’on a vue basculer sur un fil, puis sur un détail, puis sur une séquence. Parce que les Spurs avaient pourtant construit une marge confortable, jusqu’à compter 19 points d’avance. Sauf qu’en face, les Timberwolves ont remonté, grignoté, recollé. Et dans le money time, Anthony Edwards et les siens ont pris la main, avec un final plus propre, plus maîtrisé, presque "adulte" dans la façon de gérer les possessions. Antoine et Shaï ont abordé le sujet dans le CQFR. Debrief.
Minnesota finit par arracher la victoire sur un panier décisif d’Anthony Edwards à 16 secondes de la fin. Derrière, Victor Wembanyama a bien une tentative à environ 6 secondes, mais là encore, il est gêné. Dans ces dernières possessions, on a eu l’impression que les Wolves gagnaient avec l’expérience, sans forcément dominer tout le match, mais en faisant les bons choix quand le match devenait un concours de nerfs.
Randle, le test de puissance qui dérange Wemby
Dans ce scénario, un point ressort : Victor Wembanyama termine à 29 points, mais il est clairement moins à l’aise dans le quatrième quart-temps, en tout cas sur les minutes qu’il y joue. On parle de tirs importants ratés, de possessions compliquées, et d’une défense très puissante, très physique, signée Julius Randle. Randle gêne, impacte, pousse, prend l’espace, met le corps. Et Wembanyama, sur certaines séquences, semble vraiment contrarié par cette densité.
Ce n’est pas une critique globale du match de Wemby (29 points restent 29 points) mais ça raconte quelque chose de la fin de rencontre. Quand le duel se resserre et que les contacts montent, Minnesota trouve une réponse physique et collective, et San Antonio perd un peu de marge.
Le vrai problème du moment : les arrières des Spurs “à la rue”
Et c’est là qu’on arrive au cœur du sujet. Parce que si Victor n’est pas "extraordinaire", comme ça arrive forcément sur une saison, ça devient tout de suite beaucoup plus dur de gagner quand le reste de l’équipe n’apporte pas assez, et surtout quand la ligne arrière traverse une période très compliquée à l’adresse.
Dans le match contre Minnesota, De’Aaron Fox termine à 12 points avec un 6/12 au tir. Ce n’est pas infâme sur la feuille, mais la dynamique récente, elle, est plus inquiétante. Dans une défaite contre Memphis, Fox est à 22% au tir. Sur la victoire contre les Lakers, il est à 31%. Et sur cette défaite contre Minnesota, on reste sur une série où ça ne tombe pas avec la régularité attendue pour un joueur de ce calibre.
Mais l’alerte la plus bruyante, elle concerne Stephon Castle. Là, on part sur des pourcentages qui font grimacer. 42% sur une défaite contre Utah, 38% sur une défaite contre Cleveland, puis 11% malgré une victoire contre New York. Ensuite, on repasse par des matchs à 35%, un autre à 45% quand même, puis encore 35%, et même une chute à 18%. Et surtout, la stat qui claque : sur les deux derniers matchs, Castle est à 5/27 au tir, avec un 2/11 cette nuit face à Minnesota.
Ce n’est pas juste une petite baisse de régime. C’est une période où il ne met pas un panier souligne Antoine, où il ne rentre pas son tir à trois points (il n’en tente qu’un sur ce match-là, mais il ne le met pas) et où s’ajoute un détail encore plus embêtant : sept pertes de balle. Or justement, il était plutôt présenté comme quelqu’un qui prenait soin du ballon. Là, tu perds l’adresse, et tu ajoutes des ballons donnés… ça fait vite double peine.
Harper dans le rookie wall, et la rotation se grippe
Et derrière Castle et Fox, le constat s’élargit. Shaï souligne qu'aucun de leurs trois meneurs n’est dans une bonne période. Dylan Harper, lui, se prend un rookie wall monumenta” depuis quelques matchs. Sur les 5 derniers, il a shooté à 7 sur 37 ! Ce n’est pas forcément étonnant, ni forcément grave si ça ne dure pas. Mais sur une séquence comme celle-ci, quand tu as Fox qui alterne, Castle qui galère fort, et Harper qui encaisse le mur… tu te retrouves avec un bloc arrière qui ne crée pas assez de points, pas assez de rythme, pas assez de sécurité.
Et dans ces conditions, tout devient plus fragile. Parce que tu ne peux pas demander à ton intérieur star de tout porter, tous les soirs, surtout quand la fin de match se transforme en bras de fer. Minnesota, de son côté, a montré une équipe qui sait remonter, qui sait accélérer au bon moment, et qui finit avec une forme de roublardise et de maîtrise collective.
Une marge d’erreur plus petite qu’on le croit
Il y a aussi un contexte à ne pas oublier : San Antonio était en back-to-back. Les Spurs restaient sur une victoire à Boston, avec un Wembanyama très clutch dans le money time. Là, tu bascules sur une défaite serrée. Ça confirme une idée simple : c’est une équipe forte, capable de très bons coups, mais avec des lacunes, et une marge d’erreur parfois plus petite que ce qu’on imagine.
Ils ont déjà gagné récemment en shootant très mal à trois points, ce qui ne peut pas passer tout le temps. Et ironie du soir, Antoine rappelle qu'ils en ont mis 13 à trois points, donc ils ont été "corrects" dans ce secteur. En revanche, aux tirs globaux, c’est plus compliqué. Et quand la ligne arrière ne met pas dedans, ou perd des ballons, tu finis par offrir la porte de sortie à une équipe comme Minnesota.
Au bout, ça se joue à un tir. Mais ce tir-là, tu le subis aussi parce que ton attaque a eu des trous, parce que tes extérieurs n’ont pas tenu le tempo, et parce que ton match se termine avec cette impression d’un mur : l’adresse, la confiance, la création… tout ralentit.
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