PFAS : l’Union européenne ouvre l’épineux chantier des interdictions sectorielles
Est-ce une révolution à venir dans les polymères et les matériaux ? Avec un texte attendu en 2026 ou en 2027, la Commission européenne souhaite interdire au sein de l’Union européenne (UE) les « polluants éternels » dans les produits du quotidien. Lesquels ? Telle est la délicate question. Dans l’industrie, les équipements de production, la santé, les cosmétiques, les ustensiles de cuisine ou les emballages, les substance per- et polyfluoroalkylées (PFAS), déclinées en quelque 4000 spécialités organofluorées qui ont pour point commun des liaisons carbone-fluor réputées indestructibles, sont utilisées pour leurs propriétés antiadhésives, les barrières à humidité et aux graisses ou encore la résistance à la chaleur. A l’origine d’une pollution ubiquitaire, ces composés éternels se trouvent à l’état de traces dans l’eau, l’air et le sol. En mars 2026 et à la fin de l’année, la Commission attend deux avis de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) sur l’évaluation des risques — cholestérol, cancers, fertilité ou encore le développement des foetus — et sur l’impact socio-économique d’une interdiction dans l’UE. En décembre 2025, le Parlement européen a publié une étude selon laquelle l’interdiction des fluoropolymères et des gaz fluorés, en l’absence d’alternatives, entraînerait des dommages économiques dans l’aérospatial, la défense, les semi-conducteurs et les énergies vertes.