Jordan / Maria-Carolina: «Pretty Woman» à l’envers
La rumeur dit le président du Rassemblement national en couple avec une princesse. Le Monde s’inquiète: ne va-t-il pas « brouiller son image » ? …
Dans le film culte du réalisateur Garry Marshall avec en vedettes Julia Roberts et Richard Gere, sorti sur les écrans en 1990, la prolo, c’était Vivian (Julia), le prince blindé de chez blindé, Edward (Richard).
Dans la version janvier 2026, nous avons le remake en miroir. En bas de classe sociale, le p’tit gars de Seine Saint-Denis, descendant d’émigrants italiens, et en vedette cousue d’or une princesse comme on croyait qu’il n’en existait plus que dans les romans pour dame, Maria-Carolina de Bourbon des Deux Siciles. Un point commun, peut-être même point de rencontre, l’ascendance italienne partagée.
Casting inversé, donc. Y-a-t-il romance ou non ? En fait, cela ne regarde qu’eux. On le leur souhaite, car vivre une romance par ces temps d’intense grisaille c’est bien ce qu’une âme charitable – la mienne, mais si, mais si…- peut espérer de mieux pour son prochain.
Le journal Le Monde, faisant montre une fois encore de son intense penchant pour la sollicitude, s’émeut. Mieux, les chroniqueuses people Ariane Chemin et Ivanne Trippenbach s’inquiètent. Le jeune président du Rassemblement national, donné favori des prochaines élections présidentielles dans maintes enquêtes d’opinion, ne risque-t-il pas de brouiller son image ? Brouiller son image auprès de qui ? Le quotidien qu’on disait jadis « de référence » n’apporte pas de réponse.
Auprès des couches populaires dont le jeune homme se veut le représentant ? Certainement pas. Elles adorent ces faits divers en forme de conte de fée, tout simplement parce qu’elles savent, elles, qu’une louche de bonheur par-ci par-là, ça ne se refuse pas et ça ne fait de mal à personne.
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Le p’tit gars de Seine-Saint-Denis au mieux avec une descendante des tenants de l’héroïque Montjoie-Saint-Denis, personnellement, j’adore. J’irais même jusqu’à dire que c’était écrit d’avance. Le destin, quoi.
Je savoure par ailleurs l’embarras des contempteurs du candidat. Comment critiquer, moquer, saloper la rencontre sans risquer de se voir immédiatement suspecté de mépris de classe ? Comment dauber sur l’héritière royale si riche nous dit-on que son apanage pourrait être d’au moins sept ou huit Siciles, et non pas seulement de deux, sans se retrouver mis au ban des décapiteurs de 93, des racistes anti-princesse blanche, des hystériques anti-fric ? Pas facile.
Et puis, il y a plus et mieux. Le couple est un beau couple. Stendhal a écrit : « La beauté est une promesse de bonheur ». Quoi qu’il y ait – ou qu’il n’y ait pas – entre ces jeunes gens, voilà donc, répétons-le, ce qu’on peut souhaiter à ces deux-là.
Cela dit pour le bonheur personnel éventuel du petit gars de Seine Saint-Denis en politique, attendons donc 2027. Voire plus si pas affinité à ce moment-là…
Maintenant, ce que nous prendrions vraiment beaucoup de plaisir à voir, ce serait par exemple, l’incendiaire Assa Traoré quittant le bal de la police au bras du fils du préfet de cette même police. Voilà qui ferait la une de la presse entière. Moins peut-être la joie de Mmes Obono et consœurs… Mais, ainsi que Jordan et Maria-Carolina en font l’expérience ces jours-ci, on ne peut jamais plaire à tout le monde.
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