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L’Union européenne n’arrive pas à sécuriser ses approvisionnements en métaux critiques

« La situation est grave », alerte Keit Pentus-Rosimannus, membre de la Cour des comptes européenne, soulignant les risques géopolitiques.

Le rapport de la Cour des comptes sur la dépendance européenne en métaux critiques met en évidence les difficultés persistantes de l’Union européenne à diversifier ses sources d’approvisionnement, malgré un règlement adopté en 2024.

Avec une dépendance accrue vis-à-vis de la Chine et d’autres pays tiers, l’UE risque de compromettre ses objectifs climatiques et son autonomie stratégique.

Une dépendance alarmante et persistante

Lithium pour les batteries, nickel, cuivre pour les infrastructures électriques, terres rares pour les éoliennes : ces matières premières sont indispensables à la transition vers les énergies renouvelables. Pourtant, comme le souligne la Cour des comptes européenne, l’UE dépend aujourd’hui d’une « poignée de pays tiers » pour ces ressources vitales. Keit Pentus-Rosimannus, membre estonienne et responsable de l’audit, déclare : « Sans matières premières critiques, pas de transition énergétique, pas de compétitivité, pas d’autonomie stratégique ».

Malgré les ambitions du règlement de 2024 visant à sécuriser l’approvisionnement de 26 minéraux jugés critiques, les résultats tardent à se concrétiser. La Cour estime que l’Europe aura « du mal à sécuriser, d’ici la fin de la décennie, l’approvisionnement en matières premières stratégiques ».

Les efforts pour réduire la dépendance, notamment envers la Chine qui domine la production et la transformation, n’ont pas produit d’effets tangibles.

Le recyclage, présenté comme une solution clé, reste décevant : sept des 26 matériaux affichent des taux compris entre 1 % et 5 %, tandis que dix autres ne sont pas recyclés du tout.

Les projets d’extraction en Europe sont embryonnaires et pourraient prendre des décennies pour parvenir à maturité. Quant à la transformation locale, elle est « quasiment à l’arrêt » en raison des coûts élevés de l’énergie, rendant l’UE vulnérable à des chocs externes. La pénurie européenne de poudre à canon et d’explosifs avait déjà été signalée au début de l’année 2025.

Cette situation expose l’Europe à des risques géopolitiques majeurs. « Cela nous rend vulnérables et discrédite notre objectif d’être une puissance géopolitique forte et indépendante, surtout si l’un de nos partenaires commerciaux décide d’instrumentaliser la dépendance », avertit Keit Pentus-Rosimannus. Pierre Moscovici, ancien président de la Cour des comptes française et nouveau membre de l’instance européenne, souligne l’urgence d’actions concrètes.

Face à ces défis, la Cour appelle à une accélération des investissements et à une diversification des partenariats internationaux, sans quoi les objectifs climatiques de l’Europe pourraient être irrémédiablement compromis. Deux semaines après un rapport cinglant sur les grands projets européens, la Cour met une nouvelle fois en cause l’avancement des politiques économiques continentales.

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