World News in French

Tout ce qu’il faut comprendre du trade de James Harden à Cleveland

James Harden vient d’être échangé en cours de saison pour la quatrième fois en six ans. Contrairement à ses départs forcés de Houston (en boudant), Brooklyn et Philadelphia, le barbu s’est fait très discret avant que tout s’accélère subitement jusqu’à l’annonce, très surprenante, de son potentiel transfert lundi soir. Un peu plus de 24 heures plus tard, le dossier était bouclé avec l’échange entre l’ancien MVP et Darius Garland, le premier prenant la direction des Cleveland Cavaliers et le second faisant le chemin inverse en direction des Los Angeles Clippers.

La logique du principal intéressé est probablement financière. Harden dispose d’une option à 42 millions de dollars sur la saison prochaine mais son contrat n’est que partiellement garanti, à hauteur de 13 millions. Selon plusieurs sources américaines, le joueur de 36 ans (37 en août) aurait d’abord cherché à négocier une extension lucrative avec les Clippers. Mais la franchise californienne ne se voyait visiblement pas prolonger le vétéran, ou au moins pas au prix fort. Elle se prépare à entamer une nouvelle ère.

James Harden envoyé aux Cavs contre Darius Garland

Les Cleveland Cavaliers sont-ils beaucoup plus forts avec James Harden ?

Intrinsèquement, James Harden est un meilleur joueur que Darius Garland. Il est l’un des dix joueurs NBA qui compilent plus de 25 points et 5 passes par match cette saison. Donovan Mitchell étant l’un d’entre eux. Les deux All-Stars vont former un backcourt très talentueux mais à la complémentarité pas forcément évidente. Garland avait le mérite de s’être adapté à Mitchell en évoluant aussi sans le ballon, ce qui sera probablement moins le cas de son remplaçant. Harden s’est déjà vanté d’être « le système » de ses équipes et il se comporte comme tel sur le terrain, souvent avec brio d’ailleurs.

Il a déjà côtoyé de nombreuses superstars depuis qu’il a lui-même atteint ce statut : Chris Paul, Joel Embiid, Kawhi Leonard, Kevin Durant, Kyrie Irving, etc. Mais il n’a pas eu récemment à partager la gonfle avec un joueur qui dribble autant que Mitchell. Les coaches des Cavaliers vont sûrement essayer de diviser au mieux les minutes des deux playmakers, un peu comme le faisait Mike D’Antoni aux Rockets avec CP3, afin de conserver un créateur d’élite sur le terrain et de leur donner un peu moins d’un quart d’heure chacun pour s’exprimer balle en main. Les deux All-Stars devront au moins commencer et finir les matches ensemble et ils ont maintenant environ trente matches pour trouver un équilibre avant le début des playoffs.

La franchise de l’Ohio sera sous pression lors de sa prochaine campagne. Parce qu’elle reste sur trois échecs consécutifs depuis l’arrivée de Mitchell. Notamment la saison dernière, terminée en tête de la Conférence Est avant une sortie de route au second tour. « Spider » n’a jamais joué les finales de Conférence depuis son arrivée chez les pros en 2017 et il pourrait commencer à s’impatienter. L’arrière peut tester le marché en 2027 s’il renonce à sa dernière année de contrat en option. Autrement dit, il reste plausible que le joueur finisse par demander lui aussi son départ très prochainement si les résultats ne sont pas au rendez-vous.

 

James Harden est-il vraiment ce joueur susceptible de faire passer un cap à une équipe ? Ses performances lors des matches les plus importants des séries les plus serrées laissent penser que non. Il s’est troué lors des dernières rencontres les plus cruciales des playoffs, que ce soit avec Los Angeles, Philly ou même Houston à son prime. Il s’est continuellement troué dans les grands rendez-vous.

Au-delà du « fit » qui reste à démontrer en attaque, le vétéran n’est pas non plus un bien meilleur défenseur que son prédécesseur à la mène, même s’il est plus grand. En revanche, il devrait vite trouver ses marques pour combiner sur pick-and-roll avec les deux intérieurs Evan Mobley et Jarrett Allen. Les Cavaliers ont déjà l’une des meilleures attaques de la ligue et ils seront potentiellement encore plus forts dans ce domaine si l’ensemble développe rapidement une alchimie. En plus d’Harden, deux nouveaux joueurs sont arrivés ces derniers jours : Keon Ellis et Dennis Schröder, De’Andre Hunter prenant lui la direction des Sacramento Kings. Cleveland est encore en course pour une place dans le top 4 à l’Est et reste même sur huit victoires au cours des dix derniers matches.

Ce transfert montre aussi finalement que les dirigeants ne croyaient plus vraiment en Garland, premier joueur drafté par le club lors de la saison qui a suivi le départ de LeBron James vers les Los Angeles Lakers, ou en son état de santé. Les Cavaliers ont entamé leur reconstruction en piochant le meneur sorti de Vanderbilt en cinquième position en 2019. Ce dernier est devenu un All-Star mais ses trop nombreuses blessures ont handicapé les chances de la franchise d’aller loin. Il a d’ailleurs été souvent absent cette saison (26 matches joués) et il est actuellement à nouveau en convalescence. Bien que plus âgé, James Harden est plus fiable physiquement.

Si jamais ça ne marche pas, le front office peut toujours se séparer de sa nouvelle star pendant l’été puisque l’option est partiellement garantie. Les Cavaliers feraient alors des économies massives et redescendraient carrément sous la Luxury Tax alors qu’ils sont aujourd’hui les seuls en NBA au-dessus du deuxième apron. Mais quel message serait alors envoyé à Donovan Mitchell ? Même en cas d’échec en playoffs, Cleveland paraît presque contraint de prolonger Harden, si possible pour un salaire inférieur à 40 millions annuels. Ce dernier peut aussi renoncer à son option et signer ailleurs dans quelques mois si ça lui chante. Dans le cas du premier et de ce dernier scénario, la franchise aurait donc sacrifié Garland pour rien. Elle est aujourd’hui probablement meilleure en addition de talents mais elle ne fait pas non plus figure d’épouvantail dans sa Conférence ou de vraie favorite au titre.

 

Les Los Angeles Clippers bientôt dans une nouvelle ère

En restant factuel, Los Angeles vient de swapper un joueur qui fêtera prochainement ses 37 ans contre un autre All-Star au même poste qui en a dix de moins tout en autant son contrat pour les trois prochaines saisons. C’est fort. Surtout que Los Angeles, plus vieille équipe de la ligue au coup d’envoi de la saison, avait justement sérieusement besoin d’un coup de jeune.

Les 40+ millions dus à Darius Garland peuvent vite représenter une forte somme si jamais le joueur enchaîne encore et encore les problèmes physiques. Mais il n’est pas impossible qu’il retrouve un niveau très proche de celui qui était le sien, voire même qu’il progresse. Il est probable qu’il ait encore de la valeur marchande si jamais les Clippers décident de s’en séparer à un moment.

Son arrivée limite finalement les perspectives de l’intersaison 2027, quand Los Angeles va se retrouver avec de la place sous le Cap. Le club hollywoodien ne pourra pas ajouter deux contrats max aussi facilement qu’avant ce transfert mais garde une certaine flexibilité.

La perte de James Harden réduit le champs des possibles pour la saison en cours, surtout après cette belle remontée au classement, mais les Angelenos ne pouvaient de toute façon sans doute pas viser mieux qu’un premier tour de playoffs.

Читайте на сайте