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A Toulouse, Moudenc se cramponne au Capitole, PS et LFI veulent remettre les pendules à gauche

Dans cette ville de 515.000 habitants, plus d'un million avec l'aire urbaine, un seul maire de gauche, Pierre Cohen (PS, 2008-2014), a été élu au cours du dernier demi-siècle, dominé par la dynastie Baudis (Pierre puis Dominique) et leurs héritiers Philippe Douste-Blazy et Jean-Luc Moudenc.

"C'est une ville paradoxale. Alors que lors des élections nationales, régionales et départementales, les Toulousains votent à gauche, ils ont plus souvent élu des maires classés à droite", relève le politologue Jean-Michel Ducomte.

A la tête d'un rassemblement PS, Ecologistes, PC, PRG et Place Publique, François Briançon, 60 ans, chef d'entreprise et patron de la fédération socialiste (pro-Olivier Faure) de Haute-Garonne, compte précipiter "la fin d'un cycle", s'engageant à construire 15.000 logements sociaux et une "étoile verte" de végétation pour protéger la ville par temps de canicule.

François Piquemal, député LFI de 41 ans, allié au NPA et à l'Assemblée des quartiers, une association locale, propose dans son programme un encadrement des loyers et la gratuité dans les transports en commun pour les moins de 26 ans. Il veut incarner une "nouvelle gauche, à l'image de Toulouse, de sa diversité".
Attractivité
Maire depuis 2014 après avoir terminé le mandat de Douste-Blazy de 2004 à 2008, Jean-Luc Moudenc a baptisé sa liste "Protégeons l'avenir" et s'érige en rempart contre une arrivée des mélenchonistes au Capitole, siège de la mairie, qui serait selon lui un frein à l'attractivité de la métropole, "creuset de l'aviation civile européenne depuis 1917".

Toulouse deviendra la troisième ville de France en 2027, selon l'Insee, quand sa population dépassera celle de Lyon. Son dynamisme économique et démographique, "on le doit à ce moteur de développement, de transformation de Toulouse qu'est l'aéronautique. (...) Nous avons 86.000 emplois liés à l'aérospatial", salue avec fierté le maire sans étiquette de 65 ans, ancien adhérent de LR et de l'UMP.

Pour le candidat socialiste François Briançon, la croissance démographique de Toulouse, "ni maîtrisée, ni pensée, se construit au fil des opportunités immobilières", avec pour conséquence "une ville à deux vitesses, dont les grands perdants sont les quartiers périphériques".

Si le socialiste est élu, la présidence de Toulouse Métropole reviendra à son allié écologiste Régis Godec, promoteur d'une "densification partagée" dans la métropole et l'aire urbaine.

Estimant que les inégalités se creusent, le candidat LFI va plus loin, en plaidant pour une "démétropolisation" afin que les "petites villes soient revitalisées". Il faut "sortir de la logique compétitivité, attractivité, métropolisation, excellence" pour construire une "ville plus inclusive, car 2.000 familles partent chaque année, ne pouvant plus se loger".

La métropole mérite plus de dynamisme, "avec Moudenc, on a l'impression d’être dans un épisode de l'inspecteur Derrick", ironise l'ancien conseiller municipal.
Second tour
Si MM. Moudenc et Briançon sont sur la même ligne concernant l'importance de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse, dont la mise en service est programmée pour 2032, M. Piquemal promet de revoir à la baisse la contribution financière de la collectivité toulousaine à cette infrastructure.

En plus d'une troisième ligne de métro, qui contribuera au désengorgement de l'agglomération à partir de 2028, le développement d'un RER métropolitain fait en revanche l'unanimité.

Alors que le maire sortant veut mettre ses adversaires de gauche dans le même sac --"un François peut en cacher un autre" dit-il--, M. Briançon, soucieux de se démarquer de LFI, reste évasif sur une éventuelle fusion des listes, tout en admettant que le 22 mars sera "forcément un second tour de rassemblement".

Le seul sondage disponible, commandé par le PS, créditait en novembre le maire sortant de 33% des voix au 1er tour, devant François Briançon (30%), François Piquemal (23%) et le candidat RN Julien Leonardelli (10%, soit le seuil pour atteindre le second tour).

Alors qu'il n'avait totalisé que 4,5% en 2020, le score du RN est une des clés du scrutin. Sa présence au second tour "pourrait permettre à la gauche réunifiée PS-LFI de gagner la ville", alerte M. Moudenc, appelant les électeurs RN à "ne pas jeter leur colère dans l'urne".

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