Netflix laisse la voie libre à Paramount pour le rachat de Warner Bros
Une bataille de plusieurs mois semble toucher à sa fin. Dans un nouveau rebondissement, Netflix a fait savoir jeudi 26 février qu'il ne relèverait pas son offre pour l'acquisition de Warner Bros Discovery après celle révisée déposée par Paramount Skydance, une annonce qui met fin au feuilleton du rachat du prestigieux studio de cinéma américain et de sa plateforme de streaming.
"Nous avons toujours fait preuve de discipline et, au prix nécessaire pour égaler la dernière offre de Paramount Skydance, l'opération n'est plus intéressante financièrement. Nous refusons donc de nous aligner sur l'offre de Paramount Skydance", a dit Netflix dans un communiqué.
Netflix a confirmé à Reuters qu'il renonçait à son offre de rachat de Warner Bros Discovery. Le conseil d'administration du studio légendaire doit encore approuver l'offre de Paramount Skydance. "Une fois que notre conseil d'administration aura approuvé l'accord de rachat de Paramount, cela créera une valeur phénoménale pour nos actionnaires", a déclaré le directeur général de Warner Bros, David Zaslav, dans un communiqué. "Nous sommes enthousiasmés par le potentiel d'une alliance entre Paramount Skydance et Warner Bros Discovery et avons hâte de commencer à travailler ensemble et de raconter les histoires qui touchent le monde entier", a-t-il poursuivi.
31 dollars par action contre 27,75
Paramount a poursuivi avec acharnement sa quête de rachat de Warner Bros, lançant une campagne hostile pour supplanter Netflix. La société est parvenue à ramener Warner Bros à la table des négociations la semaine dernière, en faisant miroiter la possibilité d'une offre de rachat plus élevée. Warner Bros avait déclaré plus tôt ce jeudi que l'offre révisée de 31 dollars par action transmise par Paramount Skydance était supérieure à celle de Netflix, à 27,75 dollars par action.
Un conseiller de Netflix, s'exprimant auprès de Reuters sous couvert d'anonymat, a déclaré avoir recommandé au groupe de se retirer des enchères. Cette source a souligné que Netflix était en concurrence avec un milliardaire prêt à payer pour Warner Bros un prix jugé irrationnel par le géant du streaming. "Ça ne sert à rien de jouer à la roulette russe avec quelqu'un qui ne veut pas tourner la roue", a déclaré ce conseiller, faisant référence au milliardaire Larry Ellison, cofondateur, président exécutif et directeur technique d'Oracle et père du PDG de Paramount, David Ellison. Le titre de Netflix a bondi de plus de 10 % après son refus de relever son offre.
Préoccupations
La fusion de Paramount avec Warner Bros réunirait deux grands studios hollywoodiens, deux plateformes de streaming (HBO Max et Paramount+) et deux services d'information (CNN et CBS). Néanmoins, Cette offre risque toutefois de faire l'objet d'un examen antitrust à Washington, à l'étranger et dans plusieurs États américains, dont la Californie. "L’approbation des autorités fédérales semble probable compte tenu du contexte politique [NDLR : les Ellison sont des proches du président Donald Trump] ; toutefois, nous estimons qu’il est fort probable que certaines autorités étatiques – notamment le procureur général de Californie, Rob Bonta – tentent de contester l’accord. Nous pensons également que les autorités européennes pourraient avoir leur mot à dire", ont indiqué les analystes de TD Cowen dans une note.
Rob Bonta, un démocrate, a déclaré jeudi soir que rien n'était encore joué. "Ces deux géants d'Hollywood n'ont pas encore passé l'examen des autorités de régulation : le ministère de la Justice de Californie mène une enquête, et nous comptons bien mener un examen approfondi", a-t-il ajouté. Les États ont le pouvoir d'intenter des poursuites pour bloquer les transactions, même si le ministère de la Justice dispose des ressources les plus importantes pour ce faire.
Dans sa proposition révisée, Paramount a porté de 5,8 milliards à 7 milliards de dollars l'indemnité de rupture qu'elle verserait en cas de refus de l'accord par les autorités de régulation. Elle a également accepté de prendre en charge les 2,8 milliards de dollars que Warner Bros devrait à Netflix pour s'être retiré de l'accord de fusion.