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Moyen-Orient : ce que l'on sait de la mort d'un soldat français en Irak

Une première victime française de la guerre au Moyen-Orient. "L’adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak", a annoncé Emmanuel Macron, dans un message publié dans la nuit du jeudi 12 au vendredi 13 mars sur son compte X. Le président de la République a adressé "toute l'affection et la solidarité de la Nation" à "sa famille" et à "ses frères d'armes".

Au total, sept soldats, "parmi lesquels l’adjudant-chef Arnaud Frion", ont été touchés lors de cette attaque de drone survenue à 20h40 (heure française) au centre de la base kurde de Mala Kara, a précisé vendredi matin le ministère des Armées dans un communiqué. "Malgré une prise en charge rapide par les équipes médicales présentes", Arnaud Frion, déployé en Irak depuis le 24 janvier 2026, "a succombé à ses blessures", indique le texte, qui rapporte que le rapatriement des blessés "toujours à l’hôpital" se "met en place".

Le Kurdistan irakien et sa capitale Erbil ont été ciblés ces derniers jours par de nombreuses frappes. Sans explicitement revendiquer cette attaque, Ashab Al-Kahf, un groupe armé pro-iranien en Irak, a indiqué son souhait de cibler "tous les intérêts français en Irak et dans la région", après le déploiement du porte-avions français Charles-de-Gaulle dans le Golfe persique. Cette milice chiite, soutien du régime des mollahs, a notamment appelé la population à ne pas s'approcher d'une base militaire du Kurdistan irakien, où se trouvent des troupes françaises. Ces dernières années, cette organisation a revendiqué différentes actions violentes contre des troupes ou des ressortissants américains au Moyen-Orient, sans que ces faits soient toujours confirmés par les États-Unis.

Une présence française pour lutter contre le terrorisme

Dans son message, Emmanuel Macron a rappelé que les forces françaises présentes en Irak participaient à l'opération antiterroriste "Chammal" dans la région. L'armée tricolore est en effet déployée en Irak depuis 2014, dans le cadre d'une large coalition contre Daech formée autour des États-Unis. Les soldats français ne mènent plus d'opérations au sol depuis 2022 mais fournissent un soutien aérien et maritime aux forces irakiennes et conduisent des actions de formation auprès de l'armée irakienne. Arnaud Frion "faisait de la formation dans le Kurdistan irakien. (...) C'est ce qu'on produit de meilleur dans l'armée française", a dit ce vendredi à des journalistes le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du 7e bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Varces, précisant que l'adjudant-chef avait "une dizaine d'opérations" extérieures à son actif et "quatre citations".

Si la menace de l'État islamique a diminué dans le pays par rapport à la situation il y a dix ans, le groupe djihadiste n'a pas disparu et persiste dans certains points du territoire irakien. Trois soldats français présents dans le pays avaient déjà perdu la vie en août 2023. L'un d'entre eux, le sergent Nicolas Mazier, avait notamment été tué lors d'une "opération de reconnaissance en appui des forces irakiennes", à une centaine de kilomètres de la capitale Bagdad, avait indiqué à l'époque le ministère des Armées.

L'armée française a déjà été touchée depuis le début de la guerre déclenchée le 28 février par les frappes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran. Le 1er mars, la base navale d'Al-Salam, à Abou Dhabi (Émirats arabes unis), avait été frappée par des drones iraniens. Deux hangars occupés par les forces françaises avaient été touchés, causant seulement des "dégâts limités" et "uniquement matériels", selon Paris. Quelques jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, indiquait sur BFMTV qu'il n'avait "pas la certitude" que la France ait été spécifiquement visée par la République islamique durant cette attaque.

Téhéran a néanmoins menacé à plusieurs reprises les pays européens de bombardements contre leurs installations au Moyen-Orient. "Toute [implication des Européens] contre l’Iran serait considérée comme un geste de complicité avec les agresseurs", a notamment déclaré Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, le 3 mars dernier. Dans la nuit de mardi à mercredi, une base italienne à Erbil a d'ailleurs également été touchée par une attaque. Aucun militaire n'a été blessé lors de cette frappe. Les États-Unis possèdent eux aussi une base dans la ville. Un lieu massivement ciblé par des factions pro-iraniennes depuis début mars.

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