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Le porte-avions Ford, un navire américain dernier cri… qui accumule les difficultés techniques

C'est un coup dur pour les Etats-Unis, au moment où Donald Trump et les Américains semblent éprouver des difficultés dans leur conflit engagé contre l'Iran. L'USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, déployé dans le cadre de cette guerre, a été contraint d'interrompre sa mission au Moyen-Orient. En cause : un incendie "non lié aux combats" qui a fait deux blessés, jeudi 12 mars, avant d'être maîtrisé. Le feu a touché la "buanderie principale" du navire, a précisé sur X le commandement naval américain pour le Moyen-Orient, assurant que le système de propulsion du navire n'avait pas été endommagé et qu'il restait "pleinement opérationnel".

L'incendie a nécessité plusieurs heures pour être maîtrisé et a affecté plus de 600 marins et membres d'équipage qui avaient perdu leurs couchettes et dormaient depuis à même le sol ou sur des tables, ont indiqué les autorités. L'USS Gerald Ford se trouvait en mer Rouge. Il doit désormais faire cap vers la Crète, en Grèce, pour des opérations dont on ignore la durée.

Ce porte-avions doté de technologies de pointe, avec un équipage de plus de 4 000 marins, aurait rencontré d'importants problèmes avec son système de toilettes en mer. Des médias américains ont décrit des systèmes bouchés et de longues files d'attente pour les toilettes à bord du navire. Selon un responsable de la Marine interrogé par le Wall Street Journal (WSJ), le système d'évacuation des eaux usées du porte-avions Ford a connu des problèmes durant le déploiement, nécessitant en moyenne une intervention de maintenance par jour. Toutefois, la situation s'améliore et ces problèmes n'ont pas affecté la capacité du porte-avions à mener à bien sa mission, a-t-il précisé.

Une série de problèmes de maintenance

Ce problème du système de toilettes, sous-dimensionné et mal conçu, n'est pas nouveau : un rapport de 2020 du Bureau de la responsabilité gouvernementale des Etats-Unis indiquait qu'il était sujet à des "obstructions inattendues et fréquentes" et nécessitait des rinçages à l'acide réguliers pour le déboucher, au coût de 400 000 dollars à chaque fois, rapporte le Guardian.

L'incendie n'est que le dernier incident d'une série de problèmes de maintenance. Ce navire, qui est pourtant le porte-avions le plus récent de la Marine, a connu des problèmes de plomberie avec les 650 toilettes à bord. Une importante période de maintenance et de réaménagement que le Ford devait subir en ce début d'année au chantier naval de Newport News en Virginie a été reportée, ont indiqué des responsables militaires au New York Times.

Le Ford transporte plus de 75 avions militaires, dont des F-18 Super Hornets, et exploite un système radar sophistiqué pour contrôler le trafic aérien et la navigation. Avant son déploiement au Moyen-Orient, ce porte-avions a participé à des opérations américaines dans les Caraïbes, où les forces américaines ont mené des frappes contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue, intercepté des pétroliers sous sanctions et arrêté le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro.

Un navire mis à rude épreuve

Comme l'explique le Wall Street Journal, la décision de Donald Trump de prolonger une deuxième fois le déploiement du USS Gerald R. Ford pèse également lourdement sur les marins du navire, dont beaucoup sont âgés d'une vingtaine d'années, et leurs familles. Elle pousse certains marins à envisager de quitter la marine à leur retour au port d'attache. En temps de paix, les déploiements sur le porte-avions durent généralement six mois, avec une marge de quelques mois supplémentaires en cas de besoin, a expliqué Mark Montgomery, contre-amiral à la retraite, au WSJ. Or, les marins du Ford sont déjà loin de chez eux depuis juin 2024, et probablement jusqu'en mai prochain, ce qui pourrait entraîner un déploiement total de onze mois. Un tel déploiement constituerait un record pour un navire de l'US Navy.

Les déploiements de longue durée peuvent également mettre les navires à rude épreuve. Après huit mois en mer, le matériel commence à se détériorer et les opérations de maintenance et de modernisation prévues de longue date doivent être reportées, ce qui perturbe les plannings des chantiers navals, a précisé Mark Montgomery. Cela a des répercussions sur les cycles de maintenance et d'entraînement des autres navires. "Les navires aussi se fatiguent et subissent des dommages importants lors de longs déploiements", a indiqué au New York Times le contre-amiral John F. Kirby, officier de marine à la retraite. "On ne peut pas faire fonctionner un navire aussi longtemps et aussi intensément et s'attendre à ce que lui et son équipage fonctionnent à plein régime", a affirmé cet ex-porte-parole pour la sécurité nationale sous l'administration Biden.

Le retrait du Ford du Moyen-Orient devrait laisser un vide important pour les forces américaines de la région où les dizaines d'avions de combat qu'il transporte ont participé à des frappes contre l'Iran. Mais selon le New York Times, citant un responsable militaire, le Ford devrait probablement être relevé par un autre porte-avions, l'USS George HW Bush, qui se prépare à être déployé dans la région.

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