World News in French

A Toulouse, le maire DVD confortablement reconduit au Capitole face au "danger mélenchoniste"

"Dès que j'ai déposé ma candidature, j'ai dit que le danger était mélenchoniste", a déclaré M. Moudenc, devant les journalistes, "le Mélenchonisme est un danger, LFI est un parti d'une nature particulière. C'est un poison mortel et dangereux. Il y a eu un réflexe de protection démocratique" au second tour, a-t-il estimé, soulignant que "ce réflexe-là est venu de sensibilités extrêmement diverses".

A 65 ans, l'ancien élu LR, maire depuis 2014, l'emporte d'ailleurs avec une avance plus confortable que lors des élections municipales précédentes.

Sur la base de plus de 99% des bulletins dépouillés, M. Moudenc se trouve reconduit pour un troisième mandat consécutif avec 53,84% des suffrages, au-delà de ses scores de 2014 (52,06%) et 2020 (51,98%).
Campagne "la plus rude"
Face à l'union de la gauche PS-Ecologistes-PC-Génération.s avec La France Insoumise, "les Toulousains ont réfléchi, déjoué les prévisions, les additions mathématiques", a encore déclaré M. Moudenc.

Des centaines de sympathisants de la liste de gauche, dont nombre de jeunes, ont acclamé le candidat malheureux, François Piquemal, député LFI et tête de la liste de gauche unie, sans cacher leur déception : plusieurs d’entre eux, portant parfois des keffiehs palestiniens, avaient les larmes aux yeux, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'alliance LFI-PS-Ecologistes a récolté 46,16% des voix.

"Il s'est passé quelque chose, un espoir formidable est né", a lancé le député insoumis de Haute-Garonne, estimant que la campagne de la gauche unie avait été "vue comme une démonstration de force de ce qu'on pouvait faire".

L'alliance avec LFI avait été très critiquée par Place publique et le PRG notamment qui avaient refusé d'y participer. Mais le patron du PS Olivier Faure, opposé à un accord national avec les Insoumis, avait concédé: "si je votais à Toulouse, je voterais François Piquemal".

Illustrant les divisions apparues au sein du PS, la présidente socialiste de la région Occitanie Carole Delga qui n'avait pas approuvé cette fusion, a estimé dimanche que la gauche peut gagner "quand elle est claire dans ses alliances et sur ses valeurs".

"On a mené une belle bataille", a de son côté réagi le socialiste François Briançon, tête de liste malheureuse du premier tour, qui briguait la présidence de la métropole toulousaine en cas de victoire de la gauche.

Devant des centaines de sympathisants qui l'applaudissaient, l'Insoumis s'est fait plus virulent, en estimant que M. Moudenc n'était "pas un centre droit" mais "la droite radicale soutenue par Reconquête et le Rassemblement national".
Paradoxe toulousain
Les résultats de ce scrutin confirment à nouveau le paradoxe de Toulouse, où les habitants votent à gauche aux élections nationales, régionales et départementales, mais à droite aux municipales.

Dans cette ville de 515.000 habitants, qui deviendra la troisième ville de France en 2027 devant Lyon, un seul maire de gauche, Pierre Cohen (PS, 2008-2014), a siégé au Capitole au cours du dernier demi-siècle, dominé par la dynastie Baudis et leurs héritiers Philippe Douste-Blazy et Jean-Luc Moudenc, qui avait aussi terminé le mandat de l'ancien ministre de la Santé de 2004 à 2008.

"Encore une fois nous avons une anomalie avec la droite qui reste au pouvoir", a estimé M. Piquemal, tandis que ses sympathisants chantaient avec vigueur "siamo tutti antifascisti" ("nous sommes tous des antifascistes" en italien), un slogan apparu dans les années 1920 en opposition au dictateur fasciste Benito Mussolini.

Читайте на сайте