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L’Uruguay de Bielsa au bord de la mutinerie avant son match contre l’Algérie

Partout où il est passé, il a laissé une trace indélébile, un souvenir impérissable. Marcelo Bielsa n’est pas un entraîneur, c’est une icône, un « loco » de génie qui a révolutionné le jeu et marqué les esprits. De l’Argentine au Chili, de l’Athletic Bilbao à Leeds, son football total et son exigence absolue ont toujours fini par payer. Mais à 70 ans, la magie semble s’être estompée. Son aventure à la tête de la sélection uruguayenne, qui avait si bien commencé, est en train de virer au cauchemar.

Le feu couve sous la cendre

Le point de rupture a des allures de séisme. Après une année 2023 idyllique, marquée par des victoires de prestige face au Brésil et à l’Argentine, le château de cartes s’est effondré. Une élimination frustrante en demi-finale de la Copa América, des conflits dans le vestiaire, et des résultats en chute libre (5 victoires sur les 17 derniers matches). L’Uruguay, qui faisait peur à toute l’Amérique du Sud, est devenue une équipe fragile, au bord de l’implosion.

Le mal est profond, et il a un nom : Luis Suarez. En octobre 2024, la légende vivante du football uruguayen a tiré à boulets rouges sur son sélectionneur, dénonçant des « situations qui font mal », un management glacial et un manque de respect envers les joueurs. « Il ne nous disait même pas bonjour », a-t-il lâché, révélant au grand jour une fracture que tout le monde suspectait. Bielsa a accusé le coup, reconnaissant que son « autorité avait été affectée ».

Un vestiaire au bord du chaos

Depuis, rien ne va plus. L’humiliation subie face aux États-Unis en novembre dernier (défaite 5-1) a été le point d’orgue de cette descente aux enfers. Le coach, lui-même, a semblé perdu, se qualifiant de « toxique » et de « robot » dans une conférence de presse lunaire de deux heures. Le vestiaire serait au bord de la mutinerie, et la presse locale ne parle que d’une chose : la fin du cycle Bielsa.

C’est dans ce climat de chaos que l’Uruguay s’apprête à affronter l’Angleterre, puis l’Algérie, le 31 mars à Turin. Pour les Fennecs, cette rencontre face à un géant aux pieds d’argile a tout d’un match de prestige, mais aussi de l’opportunité en or. Affronter une équipe de Bielsa n’est jamais une partie de plaisir. Mais affronter une équipe de Bielsa au bord de la crise de nerfs pourrait bien être le moment idéal pour frapper un grand coup. Et rééditer peut-être la performance de 2009 lorsque les Verts avaient dominé la Celeste à domicile (1-0).

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