Maillot non conforme, que risque le Sénégal ?
Au Stade de France ce samedi, la rencontre amicale entre le Sénégal et le Pérou a rapidement été reléguée au second plan. L’attention s’est portée sur un détail visuel et symbolique lourd de sens : les Lions de la Teranga arborent fièrement deux étoiles sur leur maillot. Mieux encore, dans une ambiance survoltée assurée par le chanteur Youssou N’Dour, le capitaine Kalidou Koulibaly et ses coéquipiers ont paradé sur la pelouse avec le trophée de la CAN. Un choix de célébration totale qui intervient dans un contexte institutionnel particulièrement sensible, défiant ouvertement la récente décision de la CAF.
Un choix assumé face à la décision de la CAF
Cette initiative festive fait suite à la décision de la Confédération africaine de football de retirer au Sénégal son titre continental acquis au début de l’année. Malgré l’absence d’effet suspensif du recours déposé devant le Tribunal arbitral du sport, la Fédération sénégalaise a choisi d’afficher cette deuxième étoile et de clamer son statut de « Champion d’Afrique 2025 ». Cette posture irrite profondément : le Club des avocats au Maroc a même adressé des mises en demeure formelles au Stade de France et au groupe GL Events pour avoir facilité une cérémonie basée sur un titre officiellement révoqué.
Sur le plan strictement réglementaire, aucun texte n’interdit formellement l’ajout d’une étoile lors d’un match amical. Cependant, l’enjeu dépasse la simple question d’équipement. En affichant cette seconde étoile et en organisant ce tour d’honneur, la fédération s’expose à une interprétation disciplinaire liée au non-respect d’une décision officielle. Plusieurs scénarios répressifs sont envisageables. La CAF pourrait infliger une lourde amende financière ou exiger la modification immédiate du maillot pour les compétitions officielles à venir.
Des risques bien réels pour la FSF
Une procédure disciplinaire supplémentaire n’est pas à exclure, notamment pour atteinte à l’image du football africain ou défiance envers l’instance dirigeante. Dans ce type de dossier, la FIFA suit généralement les décisions prises au niveau continental. Au-delà de cet épisode festif en région parisienne, cette affaire s’inscrit dans un conflit juridique profond actuellement entre les mains du TAS. Ce geste symbolique illustre une stratégie de contestation populaire assumée, mais comporte des risques bien réels pour l’avenir sportif et institutionnel du pays.