Le beau parcours hongrois à l’Euro est le meilleur allié de Viktor Orbán
Viktor Orbán a deux amours: le foot et sa famille. Apprenant la naissance de sa petite-fille Alizt, il a laissé tomber ses vacances en tribunes à l’Euro 2016 et s’est précipité dans le premier avion à destination de Budapest. Puis il s’est redirigé vers la France, où il a assisté à la colère homérique de Cristiano Ronaldo, dégoûté par des Magyars combatifs qui ont poussé ses troupes à un nul fou (3-3) qui les a qualifiés pour les huitièmes de finale, où ils se sont lourdement inclinés contre la Belgique (0-4). Orbán, l’habitué des travées, a donné de la voix pour son loisir préféré. Et mobilisé le budget national.
Primo, en décidant l’érection de 32 stades d’ici 2020, année où le nouveau stade Ferenc-Puskas accueillera trois matchs de poule et un huitième de finale à l'occasion d'un Euro «itinérant». Un chantier à 220 milliards de forints (660 millions d’euros) dont l’ampleur irrite. Secundo, via un système de déduction fiscale (le TAO) bénéficiant aux mécènes du ballon rond et aux clubs recevant les subsides. Idée toute aussi critiquée vu que celui de l’académie Puskás à Felscút (dirigée par Orbán) en est l’un des principaux bénéficiaires.
La Hongrie met le paquet pour réintégrer l’élite du sport-roi, et son Euro honorable éponge des conflits d’intérêts éhontés. «La victoire semble avoir balayé le lien automatiquement péjoratif entre la Fidesz et le foot», expliquait le politol ... Lire la suite