La France, ce pays qui décourage ses jeunes
«Il y a un an, j’étais pleine d’optimisme, maintenant je suis inquiète pour mon avenir. Non, pas inquiète, en fait, je suis désabusée.»
En cet été 2016, Lily[1], 24 ans, me parle de son avenir professionnel. Pourtant fraîchement diplômée de Science Po Paris, elle avait effectué de prestigieux stages et semblait encore, en septembre dernier, promise à de jolis débuts professionnels. En tout cas, elle n’avait ni appréhension ni doutes: sortant d’une de ces «grandes écoles» sélectives, elle avait les codes et les clés pour briguer les meilleurs postes. C’est ce que je pensais aussi. Que s’est-il passé? Une mauvaise première expérience assortie du harcèlement moral d’une hiérarchie incompétente l’ont échaudée, les postes pour lesquels elle a ensuite postulé exigeaient d’elle une expérience qu’elle n’a pas. Pas encore. Trop diplômée et encore trop jeune, Lily reste coincée dans le marais de l’avant-travail. Son seul réconfort? La jeune Parisienne est loin d’être la seule et partage sa galère avec nombre de ses amis, tout aussi diplômés qu’elle.
A peine plus âgé que Lily, Camille, 26 ans, vit lui à Toulouse et travaille. Juriste en droit du sport, en CDI depuis 2014, il garde un très mauvais souvenir des mois de galère qui ont suivi l’obtention de son diplôme en octobre 2013, même s'il reconnaît qu'il n'est pas le plus à plaindre:
«Je me suis retrouvé sur le marché de l'emploi à 23 ans ... Lire la suite