Détesté mais incontournable : et si Dillon Brooks était All-Star ?
Dillon Brooks All-Star. L’idée aurait fait sourire, pour ne pas dire lever les yeux au ciel il n’y a pas si longtemps. Et pourtant, la question commence à se poser sérieusement. Arrivé à Phoenix dans le cadre du trade de Kevin Durant à Houston, Brooks n’était pas censé être bien plus qu’une pièce secondaire, un joueur de devoir, là pour amener de la dureté et du vice comme chez les Grizzlies et les Rockets.
Quelques mois plus tard, il est devenu bien davantage. Brooks est un titulaire indiscutable, un moteur émotionnel et l’un des grands artisans du très bon bilan collectif de Phoenix sur cette première moitié de saison. Les Suns sont 7e à l'Ouest, mais à une victoire seulement du top 4 et de Houston, l'ancienne équipe du trublion canadien.
À 30 ans, Dillon Brooks est tout simplement en train de réaliser la saison offensive la plus aboutie de sa carrière avec 20 points de moyenne et une efficacité très solide (44% au tir). Son rôle n'est pas celui d’une première option, mais bien d’un lieutenant capable de montrer au front lorsque Devin Booker manque à l'appel, comme en ce moment.
Son match à 40 points face à Detroit la nuit dernière symbolise parfaitement cette évolution.
Toujours un poison défensif
Ce qui rend la saison de Brooks encore plus précieuse, c’est qu’elle ne s’est pas faite au détriment de son ADN. Défensivement, il reste ce chien de chasse infernal, capable de rendre la vie impossible à l’arrière adverse le plus talentueux. Pression constante, provocations, trashltalk, fautes techniques à la pelle : Dillon Brooks continue d’accumuler les mètres carrés de location dans le cerveau de ses adversaires. Il est toujours cet “emmerdeur” professionnel, du genre de ceux que l'on adore avoir dans son équipe mais que l'on déteste affronter.
La différence, aujourd’hui, c’est qu’il apporte aussi une vraie plus-value offensive régulière, sans plomber l’équilibre collectif. Et que pour l'instant, ses clowneries ne se font pas au détriment de l'équipe ou de sa propre production.
Interrogé dans la foulée de son record en carrière sur une éventuelle sélection au All-Star Game, Brooks a livré une réponse confiante, mais lucide.
« Oui, j’ai le sentiment de jouer à ce niveau-là. Mais je ne vais pas supplier pour ça. Si ça arrive, ça arrive. Notre vrai All-Star, c’est Devin Booker. »
Une déclaration qui résume bien sa saison : Brooks sait qu’il joue le meilleur basket de sa vie, mais il connaît aussi la hiérarchie et la réalité de la ligue. Dans une Conférence Ouest saturée de talents, sa candidature reste atypique. En tant que Canadien, il va devoir espérer l'un des derniers spots derrière le cinq de starters intergalactiques composé de Luka Doncic, Nikola Jokic, Victor Wembanyama, Giannis Antetokounmpo et Shai Gilgeous-Alexander.
Si la ligue aime récompenser les profils spectaculaires, elle ne peut pas totalement ignorer ceux qui gagnent, défendent, et assument de provoquer parfois le chaos. Dillon Brooks coche toutes ces cases, un peu à la manière d'un Draymond Green, quatre fois All-Star entre 2016 et 2022.
Et puis, avouons-le, ce serait assez drôle de le voir faire du Dillon Brooks dans un All-Star Game aseptisé où il retrouverait un paquet de joueurs avec lesquels il a eu des prises de bec pendant la saison...