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Ces retraitées anglaises s'offrent des bains glacés dans la Creuse et dans les départements voisins

Mais qu’est-ce qui leur est passé par la tête pour se lancer un tel défi ? Ce vendredi 15 janvier, sur la plage Fougères à Saint-Plantaire (Indre), un groupe de retraitées anglaises se prépare à plonger dans le lac d’Éguzon. Elles en sont déjà à leur troisième sortie, depuis le début de l’année, après un bain dans un lac du Puy-de-Dôme et un autre à Chénérailles.

Un bain pour « recharger sa santé mentale »

Parka épaisse sur le dos et bonnet à pompon gris et rose sur la tête, Clare donne une piste sur la motivation du groupe, sans qu’on sache si c’est sérieux ou si elle donne dans l’humour pince-sans-rire : « Elles ont accepté alors qu’elles étaient saoules ». Dans une grande expiration et tout en fermant les yeux, Clare ajoute : « Je le fais pour redémarrer mon cerveau, pour recharger ma santé mentale. Le stress s’en va et on se sent très bien le jour même et le jour d’après. » Clare, Stephanie, Leegh, Maria, Penny, Judith et Nigel, le seul homme présent à ce moment-là, échangent un temps sur le parking avant de descendre sur la plage pour se changer. Il a beau être déjà 11 heures, le thermomètre plafonne à environ trois degrés et un désagréable petit vent glacial souffle juste au-dessus du lac d’Éguzon. Finalement, seules Clare, Leegh et Maria délaissent leurs vêtements pour des combinaisons de plongée. Judith, qui vient juste de s’installer dans la Creuse, se défend de ne pas les accompagner : « Je suis là seulement pour les supporter », dit-elle dans un grand sourire.

Une fois prêtes, les trois anglaises s’enfoncent dans l’eau, main dans la main et, notons-le, sans un cri. Même si les respirations sont fortes. « Il faut nager », conseille Clare à ses copines de bain. Sur la plage, les autres retraitées filment l’exploit avec leurs téléphones intelligents. Après avoir barboté pendant quelques minutes, les trois nageuses hivernales sortent de l’eau, visiblement ravies de l’expérience. « Je suis contente de l’avoir fait ! », se réjouit Leegh. Elle avoue qu’elle a eu peur de plonger la semaine d’avant, à Chénérailles. Il faut dire que les baigneuses volontaires avaient dû briser la glace avec un marteau pour pouvoir rentrer dans l’eau. D’ailleurs la peau de la cuisse droite de Clare en a gardé un souvenir puisqu’elle arbore une belle trace bleue.

« Sweeties », café au lait et bouillon de bœuf épicé

Les cuisses de Maria quant à elles ont bien rougi au contact prolongé avec l’eau froide. La grande rousse avoue que c’était sa première fois. « Pour moi, c’est un challenge extrême », lâche-t-elle dans un grand rire. Et Clare de féliciter ses copines de baignade : « Bien joué les filles ! » (« Well done ladies ! »).Une fois séchées et rhabillées, les baigneuses de l’extrême se font offrir par leurs amies du café avec nuage de lait et des « sweeties », des douceurs chocolatées. Clare s’est même carrément préparé un bouillon de bœuf au curry. « C’est très épicé », indique-t-elle. Et très bon visiblement. Mais au fait, où sont les hommes ? « Nos maris ? À la maison, en train de boire du café et de bavarder », répond l’une d’elles.

Prochaine sortie : Saint-Éloy-les-Mines dans le Puy-de-Dôme. 

 

Texte : Daniel LauretPhotos : Floris Bressy

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