La nouvelle poste cyclable de Malemort (Corrèze) suscite des questions et on vous dit pourquoi
De quel aménagement parle-t-on ?
Pour un coût de 91.400 €, dont 28.400 € à sa charge, la commune de Malemort a fait aménager une piste cyclable le long de l'avenue du Progrès, un axe d'environ un kilomètre, situé rive gauche de la Corrèze, en gros entre la plaine des Bouriottes et le cimetière malemortois.
Jusqu'à récemment, cette voirie comptait, de chaque côté, une bande cyclable, matérialisée au sol par de la peinture. Aujourd'hui, les vélos roulent, quel que soit leur direction, sur une piste, séparée de la circulation automobile par un muret en béton.
Dans le plan de financement, on retrouve également le Département (34.600 €), l’Agglo de Brive (13.400 €) et l’État (15.000 €).
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Que lui reproche-t-on ?S'ils saluent la volonté de la mairie de Malemort d'améliorer les infrastructures pour développer la pratique du vélo, certains usagers pointent du doigt des défauts.
Ancien président de l’association Brive ville cyclable, mais s’exprimant en son nom personnel, Gilles Denecker, et Francis Mons, délégué départemental de l’association des véloroutes, en viennent presque à regretter l'ancien aménagement.
" D’abord, ce muret en béton qui sépare les vélos du trafic automobile ; il peut se révéler dangereux en cas de chute. A vélo, on peut même être déséquilibré, si la pédale tape dedans", estiment-ils.
Vient ensuite le débouché de la piste sur le giratoire entre l’avenue du Progrès et les rues Boulle et Pasteur (pont sur la Corrèze) : " Dans le sens Malemort-plaine des Bouriottes, un cycliste doit traverser cinq voies de circulation ! Avec des enfants, c’est impossible".
Surtout, Gilles Denecker et Francis Mons estiment que la largeur de la piste cyclable est insuffisante pour que deux vélos se croisent correctement : "Sur les 300 premiers mètres, ça va. Mais après…"
Que répond le maire de Malemort ?Laurent Darthou s’étonne : " Jusqu’à présent, aucun riverain de l’avenue du Progrès ne s’est plaint". L’élu affirme s’être inspiré d’aménagements vus dans d’autres communes, avec un objectif : " Abaisser la vitesse automobile sur cette avenue (limitée théoriquement à 50 km/h, NDLR), en rétrécissant la largeur de la chaussée".
Amateur de VTT et résidant près de l’avenue du Progrès, Damien Valade voit dans cette piste cyclable un mieux : " Avant, avec les bandes cyclables dans chaque sens de circulation, c’était pas terrible. Là, vélos et véhicules sont clairement séparés et surtout, ces derniers roulent moins vite."
La mairie n’a pourtant pas fait exactement comme elle voulait. Comme il s’agit d’une route sous sa responsabilité, le Conseil départemental a demandé une largeur de chaussée de 6 mètres, au lieu des 5,5 mètres initialement prévus ; la piste cyclable a pu servir de variable d’ajustement.
"Nous avons fait avec ce qui existe, poursuit Laurent Darthou. Au rond-point, je ne peux pas creuser un tunnel pour que les vélos puissent rejoindre les Bouriottes. Ce que je remarque, c’est qu’il y a davantage de vélos et de piétons, avenue du Progrès. Ils doivent s’y sentir en sécurité. Pour moi, l’essai est plus que transformé".
L'élu affirme avoir consulté l’association des cyclotouristes de Malemort sur ce projet, et demande un peu de temps, en tout cas celui nécessaire pour finir la signalisation au sol et la plantation (en cours) de 21 platanes. Cet aménagement devrait en inspirer d’autres pour la circulation des vélos à Malemort.
Eric Porte