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Activité ralentie et plan social chez Addup à Cébazat (Puy-de-Dôme)

C’est l’un des fleurons de la diversification de Michelin, sur l’agglomération de Clermont-Ferrand, mais le voilà lui aussi rattrapé par la crise. Addup, coentreprise créée en 2016 par Michelin et Fives pour développer l’impression 3D métallique dans l’industrie, a lancé en octobre un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) visant à supprimer 63 postes sur 279, plan qui a été validé par les services de l’État concernés fin décembre.

Salariés inquiets

Dans le détail, l’entreprise supprime 24 postes sur 180 dans sa maison mère, sise zone de Ladoux, à Cébazat, mais tranche aussi dans ses deux filiales, acquises en 2018 : Polyshape (Salon-de-Provence) avec 20 emplois supprimés sur 60, Beam (Strasbourg) avec 19 emplois sur 39.

« Pour ce qui est de Cébazat, le plan a ciblé trois personnes en reconnaissance RQTH (travailleurs handicapés, NDLR) et de jeunes mamans, ce qui est difficile à accepter, relève un représentant du personnel. Ceux qui partent ont des offres de reclassement chez Michelin ou Fives. Mais nous sommes aussi inquiets pour ceux qui restent et nous craignons même un deuxième PSE dans l’année. »Le premier patron d'Addup, Vincent Ferreiro, ici devant une des machines à imprimer en 3D, en juillet 2017, a été remplacé par Franck Moreau fin 2019. Photo d'archives Jean-Louis Gorce

Opérer des synergies

Le P-DG, Franck Moreau, souligne pour sa part que le plan a été précédé d’une « phase de concertation » avec les représentants du personnel et a fait l’objet d’un accord. Ce plan n’est cependant pas signe de santé florissante. Celui qui a succédé en novembre 2019 au premier patron, Vincent Ferreiro, et a orienté Addup vers la production de pièces et non plus seulement la conception et commercialisation de machines à imprimer en 3D, l’admet. Mais Frank Moreau a ses arguments et se veut positif.

« Nous avions besoin de transformer trois start-up en entreprises parées pour une phase plus industrielle. Il fallait opérer des synergies. Mais il faut être réaliste. Nous avons aussi constaté, dès 2019, un ralentissement du marché, accentué par le Covid. La demande a fortement baissé, mais nous avons toujours la conviction que ce marché décollera. »

Rebond attendu

Implantée aux États-Unis et disposant d’une antenne en Asie, via Beam, Addup vise un rebond significatif en 2021, après un exercice 2020 de stagnation. Franck Moreau annonce notamment la mise sur le marché d’une nouvelle machine et le développement de la production de pièces.

« Nous avons de gros projets en cours de négociation et déjà un contrat, pour notre nouvelle machine, dans le médical, un des secteurs porteurs avec la défense et le spatial. » Trois secteurs prometteurs, veut croire le dirigeant, à même de pallier l’effondrement de l’aéronautique et de l’automobile, premières cibles de l’entreprise. En attendant, là aussi, le redécollage.

Patrice Campopatrice.campo@centrefrance.com

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